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Le livre libertaire en fête

Jean-Manuel Traimond, globe-rieur
Monde libertaire, 21 au 27 novembre 2002

« Un argumentaire, un arsenal... » mentionne le site Internet de l’Atelier de création libertaire à propos de la publication du Trésor des méchancetés. Anthologie d humour à l’usage des anarchistes de Jean-Manuel Traimond. Nous écririons plutôt : « un sourire en forme de ligne ».

Car Jean-Manuel soupèse ses phrases à gestes lents dans ses larges paumes où se croisent et se décroissent les doigts, et lâche ses bons mots, fissa en toute discrétion. Son recueil d’épigrammes, de maximes, d’essais signés par Joseph de Maistre ou Guy Debord, Napoléon ou Max Stirner, sans oublier les anonymes, cet auteur de Levallois le perçoit comme « une espèce d’outil d’où les anarchistes peuvent tirer des phrases percutantes, drôles... L’humour permet de faire passer bien des messages politiques auprès des gens qui ne veulent pas en entendre parler. Parce qu’il ne faut pas croire : l’indignation, c’est comme la grippe, il ne suffit pas d’y être exposé pour l’attraper », précise-t-il dans un plissement d’yeux. « Charlie Hebdo et le Canard enchaîné font un travail extraordinaire dans ce sens. E’humour féroce est l’une de nos meilleures armes. Si tu commences une discussion en assénant aux gens les trucs les plus complexes, ça ne marchera pas. »
On le taquine un peu. « À l’usage des anarchistes ? » Les libertaires auraient-ils besoin d’autodérision ?
« Le mouvement anarchiste est l’un des seuls à se moquer de lui-même. Mais il pourrait le faire beaucoup plus. Parfois, c’est vrai, on se prend un peu trop au sérieux. »
Ce désir de dialogue et de réflexion, est un exercice régulier. Il est guide. « Je travaille pour l’internationalisme : découvrir, faire découvrir des univers qui ne se connaissent pas. » On pense au tourisme sauvage. La réponse fuse : « Le tourisme est l’un des outils de l’impérialisme marchand mais c’est aussi un outil de compréhension des uns des autres. » Reçoit-il des demandes de touristes sur le thème du Paris révolutionnaire : émeutes, subversion, colères, imaginé et recueilli par Claire Auzias ? Il avoue un brin dépité que « personne ne demande ça ». Mais reprend aussitôt : « Si je visite le Père-Lachaise, je vais au mur des Fédérés. On peut se servir des tas de vecteurs pour faire passer des tas de messages. Je suis payé pour détruire Napoléon.
Le goût du voyage, de l’échange l’a poussé à vivre de 1976 à 1980 à Christiania, le célèbre squat de Copenhague, fondé cinq ans plus tôt. De cette aventure, il ramène les Récits d8 Christiania, publié en 1994 par l’Atelier de création libertaire.
« J’ai fait de nombreuses interviews, car je voulais le bouquin objectif, ne pas cacher les défauts. Ce squat est l’une des meilleures validations de l’anarchisme, même si les mille habitants de tout poil ne le savent pas. Ce village fonctionne grâce à des réunions très fréquentes, sans chef. La seule chose qui grince, c’est la présence d’argent dû au fait qu’on vit au sein d’une grande ville. Mais c’est une bonne chose que des non-anars fonctionnent comme ça. »
Et le nom du squat, pour le moins ambigu ?’« Oh ! C’est une vanne en rapport avec le nom de la ville. Il n’y avait que très peu de chrétiens, Dieu soit loué. »
Jean-Manuel Traimond a approfondi sa démarche en rassemblant en 1995, chez le même éditeur, les histoires des minorités réprouvées du pays du Soleil-Levant. Le japon mal rasé dénonce entre autres l’ostracisme social dont sont victimes les Coréens et les burakumins, sorte d’intouchables qui exercent des métiers de la mort (bouchers, fossoyeurs, etc.). Ce livre rappelle aussi l’existence des clochards et des journaliers alcooliques du bas quartier d’Osaka, surveillés par caméras. Et se penche plus spécialement sur la persécution politique des anarchistes, avec notamment les meurtres de Kotoku Shusui et d’Osugi Sakae, en 1911 et 1923. La face cachée du soleil, en somme.
Faut-il encore mentionner sa traduction d’une anthologie des articles de Paul Goodman, la Critique sociale, et sa participation à Réfractions, revue non organisationnelle de recherches et d’expressions anarchistes, pour réaliser que sous son sourire, Jean-Manuel explore, ardemment et librement, pays et mots.




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