Archive pour avril 2015

Gilbert Roth avait un grand-père italien et anarchiste

Gilbert Roth Florence 2013. Photo Fiamma Chessa

Gilbert Roth Florence 2013. Photo Fiamma Chessa

J’ai connu Gilbert au CIRA de Marseille. Je le voyais régulièrement (causeries, recherches, livres, petites bouffes mijotées sur le camping gaz…) mais c’est finalement lorsque je me suis installée à Montpellier que je l’ai davantage côtoyé: il faisait régulièrement étape chez nous en se rendant à Perpignan, Toulouse, Limoges…, la voiture pleine de bouquins ou de caisses de vin. Il prévoyait toujours une bouteille pour accompagner le repas qu’on partageait. Il est venu un jour avec la copie du dossier de police de son grand-père, Attilio Cini, qu’un copain avait été chercher pour lui aux archives à Rome. La traduction faite, il avait été un peu déçu que le grand-père italien n’ait pas plus de hauts faits à son actif. Mais il avait la confirmation d’une information qu’il connaissait déjà, bien que la mémoire familiale ait failli effacer ce “détail”: le grand-père italien était anarchiste. A ce grand-père, Gilbert avait consacré un petit texte en forme de roman familial, entre mémoire et fiction, texte qui avait été intégré dans le recueil Enfants d’Italiens quelle(s) langue(s) parlez-vous, textes et témoignages recueillis par Isabelle Felici et Jean-Charles Vegliante, Toulon, éditions Gehess, 2009. Pour les amis de Gilbert qui voudront le retrouver le temps de la lecture, revoici ce texte: Lire la suite de ce billet »

L’histoire de l’anarchisme italien est liée, par bien des aspects, à l’histoire de l’émigration italienne. Malatesta lui-même a passé une bonne partie de son existence hors d’Italie, en Amérique du Sud et à Londres (mais aussi en Égypte et ailleurs), avant son retour rocambolesque en Italie en 1919, et il était en contact avec des militants répartis aux quatre coins du monde. Le fil conducteur choisi pour ce blog offre donc un vaste champ d’investigation. Ce sera la seule contrainte que nous nous imposerons : nos « conversations » auront toutes pour point de départ les vicissitudes des anarchistes italiens dans le monde et aborderont, au fil de l’actualité, de l’humeur, peut-être aussi des réactions et des demandes des lecteurs, des sujets variés, que nous illustrerons si possible de photographies, documents d’archives, correspondances, textes traduits de l’italien…