Les femmes dans le mouvement anarchiste italien. Mémoires d’oubliées

donneanarchia-300x300Si vous avez manqué le colloque de Carrare  sur Les femmes dans le mouvement anarchiste italien, qui s’est tenu le 27 février 2016, voici le compte rendu de Dina Tollari, qui avait fait le déplacement. Merci à Dina de nous faire partager ce moment.

Le 27 février 2016, l’élégant bâtiment de la Bibliothèque Lodovici de la petite ville de Carrare a accueilli chercheurs et auditeurs intéressés par le thème des femmes dans le mouvement anarchiste italien. Invité à 14.30, l’auditoire, bravant la pluie battante, a commencé à arriver et à s’installer paisiblement jusqu’à emplir la salle, plutôt vétuste, Leo Gestri. La moyenne d’âge des assistants était assez avancée et beaucoup étaient visiblement contents de retrouver de vieilles connaissances ; d’autres examinaient ou achetaient des livres, exposés sur une commode ancienne, dont la provenance et la gestion relevaient du mystère pour un œil non averti ; d’autres encore semblaient préoccupés par leur communication à venir.
Sans hâte, Elena Bignami, de l’université de Bologne, a ouvert la séance au nom de Fiamma Chessa, organisatrice du colloque et directrice de l’Archivio Famiglia Berneri - Aurelio Chessa, retenue pour raison familiale. Dans une brève présentation de l’association Amici dell’archivio Famiglia Berneri-Aurelio Chessa, née en septembre 2014, elle a fait part des actions et objectifs poursuivis : réorganisation et mise en œuvre de divers fonds, publications, numérisation de périodiques conservés aux archives, organisation de colloques. Est signalé l’intérêt d’un groupe de chercheurs de l’institut historique allemand de Rome pour la question féminine à l’intérieur du mouvement anarchiste au niveau international. Puis, dans son rôle de modératrice, E. Bignami a aimablement introduit tour à tour les intervenants, présentant principalement leurs ouvrages ou leurs travaux en relation avec le sujet de l’après-midi.
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Gilbert Roth avait un grand-père italien et anarchiste

Gilbert Roth Florence 2013. Photo Fiamma Chessa

Gilbert Roth Florence 2013. Photo Fiamma Chessa

J’ai connu Gilbert au CIRA de Marseille. Je le voyais régulièrement (causeries, recherches, livres, petites bouffes mijotées sur le camping gaz…) mais c’est finalement lorsque je me suis installée à Montpellier que je l’ai davantage côtoyé: il faisait régulièrement étape chez nous en se rendant à Perpignan, Toulouse, Limoges…, la voiture pleine de bouquins ou de caisses de vin. Il prévoyait toujours une bouteille pour accompagner le repas qu’on partageait. Il est venu un jour avec la copie du dossier de police de son grand-père, Attilio Cini, qu’un copain avait été chercher pour lui aux archives à Rome. La traduction faite, il avait été un peu déçu que le grand-père italien n’ait pas plus de hauts faits à son actif. Mais il avait la confirmation d’une information qu’il connaissait déjà, bien que la mémoire familiale ait failli effacer ce “détail”: le grand-père italien était anarchiste. A ce grand-père, Gilbert avait consacré un petit texte en forme de roman familial, entre mémoire et fiction, texte qui avait été intégré dans le recueil Enfants d’Italiens quelle(s) langue(s) parlez-vous, textes et témoignages recueillis par Isabelle Felici et Jean-Charles Vegliante, Toulon, éditions Gehess, 2009. Pour les amis de Gilbert qui voudront le retrouver le temps de la lecture, revoici ce texte: Lire la suite de ce billet »

Suspendu au milieu des nuages à la recherche de l’éternité

amourmimmo-pucciarelliVient de paraître, aux éditions de l’Atelier de Création Libertaire un recueil de poésies de Mimmo Pucciarelli, Nuotando fra le nuvole sospeso ad un’eternità ricercata, dans lequel Mimmo nous emporte au milieu des nuages, à la recherche de l’éternité. Les poésies, écrites entre 2006 et 2013, nous accompagnent au fil de sensations, émotions, douces et moins douces, vécues par le poète. Pour les amis de Mimmo et les lecteurs de l’Atelier de création libertaire qui ne liraient pas l’italien, nous proposons ici deux moments de poésies traduits en français. Lire la suite de ce billet »

Football au Brésil. En 1917 déjà…

foodnotfootball-mimmopucciarelliLe 1er mai 1917, dans un journal anarchiste de langue italienne publié au Brésil, Guerra sociale, la rubrique d’Anargiro Sbadiglia est consacrée au fouttebolle. Le titre de la rubrique, « Quelli che ti ragionano coi piedi » (Ceux qui raisonnent avec les pieds), et le pseudonyme choisi (un faux prénom composé à partir du début du mot Anarchiste et avec le verbe Sbadiglia de sbadigliare bâiller) donnent le ton. Rien de bien sérieux… Anargiro s’en prend au football et aux passions que ce sport déchaîne auprès des jeunes générations, les éloignant de la lutte sociale. Libre à ceux qui voudraient s’amuser de voir des analogies avec l’actualité de l’été 2014. Ils remarqueront toutefois qu’à l’époque on perdait son temps et ses énergies à JOUER au football.
L’article est truffé de jeux de mots, de régionalismes, d’allusions qui supportent mal la trahison de la traduction ; nous nous aventurons à donner ici tout de même une version en français, suivie de l’article original.

Une des causes de l’abêtissement de l’humanité est le foutteboll, qui n’est d’ailleurs rien d’autre que le jeu de ballon tellement en vogue à l’époque où le peuple florentin devait supporter cette belle affaire qu’on appela la Seigneurie des Médicis, qui n’est d’ailleurs pas différente des Seigneuries qui aujourd’hui continuent de nous plumer et de nous contraindre au respect.
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Elisa. À l’ombre des anarchistes italiens en exil

Le Roman d'Elisa couvertureUn livre m’est arrivé il y a quelque temps, Le Roman d’Elisa, que m’envoyaient ses auteures, deux cousines désireuses de rendre hommage à leur grand-mère, qui avait été la compagne d’anarchistes italiens en exil et qui avait elle-même connu l’expérience de l’émigration. Par ces quelques lignes, je rends à mon tour hommage à Elisa, que je ne connais qu’à travers le récit de sa vie patiemment reconstruit par ses petites-filles, Laurence et Nathalie, grâce à des photographies, des documents familiaux et personnels, des entretiens avec des proches de deux côté des Alpes, des documents d’archives, des livres d’histoire, etc. À travers Elisa, l’hommage est aussi rendu aux femmes qui n’entreront jamais dans aucun dictionnaire biographique parce qu’au regard de l’Histoire, elles n’ont pas eu un rôle de premier plan, mais ont seulement été compagne de…, mère des enfants de…, cuisinières, infirmières, amantes et maîtresses de…, parfois aussi victimes de violences et de machisme. Autrement dit, rien qui ne mérite de passer à la postérité.

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La Cecilia, naissance de la légende

En remerciement aux marques de sympathie qui me parviennent régulièrement depuis 1993, date du colloque organisé à Pise par la Biblioteca Franco Serantini  en commémoration du cinquantenaire de la mort de Giovanni Rossi (1856-1943), et surtout depuis la parution de l’ouvrage La Cecilia. Histoire d’une communauté anarchiste et de son fondateur Giovanni Rossi qui est venu bouleverser l’historiographie de la colonie Cecilia en démontrant que l’empereur Pedro II n’a joué aucun rôle dans la fondation de la colonie Cecilia au Brésil en 1890, voici quelques éléments qui permettent de remonter aux origines de la légende. Lire la suite de ce billet »

A Sète et à Montpellier avec cette “mauvaise tête” d’Alessio

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Sur le berceau d’Alessio Lega, se sont penchées les fées de la chanson et de la politique. Un grand-père conteur, lecteur des Misérables et des récits homériques, a ajouté la dimension narrative. Des parents cultivés et attentifs ont favorisé la veine créatrice. Voilà une bonne recette pour fabriquer un “cantastorie” des temps modernes. C’est pourtant à l’illustration et à la bande dessinée que s’est d’abord formé Alessio,  durant ses études à Milan, et c’est la bande dessinée qui l’attire en France. La musique n’est encore qu’un passe-temps qui accompagne les heures passées à dessiner. Lire la suite de ce billet »

Alessio Lega en concert

Deux concerts d’Alessio Lega à Sète, au café Le Saint Clair, et à Montpellier, au théâtre Pierre Tabard, les 12 et 13 juin 2013, dans le cadre d’une journée d’étude organisée à l’Université Paul Valéry Montpellier 3.

Alessio Lega est né à Lecce en 1972 et vit à Milan depuis 1990.

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Sante Caserio à Montpellier

Le 28 août 1894, au commissariat central de police de Montpellier, on est préoccupé. Un passant vient de trouver, collé sur la porte principale de la cathédrale, un texte qui évoque Sante Caserio, l’assassin du président de la République Sadi Carnot. Voici, fidèlement reproduit, le texte du placard: Lire la suite de ce billet »

Avignon festival Off 2011 On n’oublie pas Sacco et Vanzetti

sacco-et-vanzetti-avignon-2011Le festival off d’Avignon 2011 propose une pièce intitulée, simplement, Sacco et Vanzetti, écrite et mise en scène par Loïc Joyez.
Un décor unique, qui évolue grâce à des caissons montés sur roulettes pour devenir tour à tour bureau d’un commissaire de police, banc des accusés, comptoir de bar, lit de prisonnier, tribune du juge… Mais tout commence par le commencement: les caissons sont d’abord là où ils doivent être, simplement, sur le quai d’un port que quittent l’un après l’autre, valise à la main, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti.
Une femme, la mère/la mort, accompagne leur départ et interroge leurs espérances. Quelques secondes et des années plus tard, Lire la suite de ce billet »

L’histoire de l’anarchisme italien est liée, par bien des aspects, à l’histoire de l’émigration italienne. Malatesta lui-même a passé une bonne partie de son existence hors d’Italie, en Amérique du Sud et à Londres (mais aussi en Égypte et ailleurs), avant son retour rocambolesque en Italie en 1919, et il était en contact avec des militants répartis aux quatre coins du monde. Le fil conducteur choisi pour ce blog offre donc un vaste champ d’investigation. Ce sera la seule contrainte que nous nous imposerons : nos « conversations » auront toutes pour point de départ les vicissitudes des anarchistes italiens dans le monde et aborderont, au fil de l’actualité, de l’humeur, peut-être aussi des réactions et des demandes des lecteurs, des sujets variés, que nous illustrerons si possible de photographies, documents d’archives, correspondances, textes traduits de l’italien…