Articles avec le tag ‘Gigi Damiani’

Amedeo Bertolo, entre intimité et internationalisme

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Par les hasards de la vie, j’ai rencontré Amedeo Bertolo plusieurs fois en dehors du contexte de l’anarchisme, la première par le biais d’une amie brésilienne qui connaissait quelqu’un… qui connaissait Amedeo. C’était justement au moment où je me rendais pour mes recherches au Centre Pinelli de Milan, sans savoir qu’il en était le fondateur. Bien plus tard, toujours en dehors du contexte de l’anarchisme, ce fut par le biais d’une collègue qui connaissait quelqu’un… qui connaissait Amedeo. Entre les deux occasions, j’avais approché de très près Amedeo en traduisant, pour l’Atelier de création libertaire, son entretien avec Mimmo Pucciarelli. J’ai beaucoup aimé la  personne que je découvrais au fil du texte et j’ai été touchée de savoir, indirectement, qu’Amedeo avait apprécié la traduction. Alors que nous aurions eu quelques (rares) occasions, à Milan ou à Florence, d’en parler ensemble, cela n’a pas été le cas et je ne peux que regretter maintenant que timidité et pudeur m’aient fait manquer cet échange.
Je ne sais pas dans quelle mesure les anarchistes français, qui n’auraient pas de lien avec l’Italie, connaissent Amedeo Bertolo. En lisant ses propos, recueillis par Mimmo Pucciarelli, ils pourront re-découvrir tout un pan de l’histoire de l’anarchisme en Italie et en Europe dont il  a été un moteur depuis la fin des années cinquante.

«Eloge du cidre», L’anarchisme en personnes. Récits de vie et anarchie, Lyon, Atelier de création libertaire, 2006. Voir ici pour télécharger le texte de l’entretien ou ici pour le lire en ligne. Voir ici comment se procurer l’ouvrage.

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Elisa. À l’ombre des anarchistes italiens en exil

Le Roman d'Elisa couvertureUn livre m’est arrivé il y a quelque temps, Le Roman d’Elisa, que m’envoyaient ses auteures, deux cousines désireuses de rendre hommage à leur grand-mère, qui avait été la compagne d’anarchistes italiens en exil et qui avait elle-même connu l’expérience de l’émigration. Par ces quelques lignes, je rends à mon tour hommage à Elisa, que je ne connais qu’à travers le récit de sa vie patiemment reconstruit par ses petites-filles, Laurence et Nathalie, grâce à des photographies, des documents familiaux et personnels, des entretiens avec des proches de deux côté des Alpes, des documents d’archives, des livres d’histoire, etc. À travers Elisa, l’hommage est aussi rendu aux femmes qui n’entreront jamais dans aucun dictionnaire biographique parce qu’au regard de l’Histoire, elles n’ont pas eu un rôle de premier plan, mais ont seulement été compagne de…, mère des enfants de…, cuisinières, infirmières, amantes et maîtresses de…, parfois aussi victimes de violences et de machisme. Autrement dit, rien qui ne mérite de passer à la postérité.

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L’auteure

Isabelle Felici est Professeur en études italiennes à l’Université Paul Valéry Montpellier 3. Ses recherches portent sur les manifestations culturelles liées aux phénomènes migratoires que connaît l’Italie des XIXe-XXIe siècles. Elle a notamment travaillé sur les Italiens au Brésil, avec une thèse de doctorat sur la presse anarchiste en langue italienne de São Paulo (1890-1920). Aux éditions de l’ACL elle a publié en 2001, La Cecilia. Histoire d’une communauté anarchiste et de son fondateur Giovanni Rossi et, en 2009, Poésie d’un rebelle. Gigi Damiani, poète, anarchiste, émigré. Elle s’est également intéressée aux manifestations littéraires et cinématographiques de l’immigration, notamment marocaine, en Italie. Elle est associée, depuis sa création, aux travaux de CIRCE, centre interdisciplinaire de recherche sur la culture des échanges de l’Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 (http://circe.paris3.fr) et est membre de l’équipe LLACS (Langues, littératures, arts et cultures des suds) de l’Université Paul Valéry Montpellier 3. Parmi ses derniers travaux, un recueil de témoignages et de récits sur le parcours des descendants d’Italiens : Sur Brassens et autres “enfants” d’Italiens, à paraître aux PULM, Montpellier, en 2017.

Isabelle Felici

De la production littéraire des anarchistes italiens

Poésie d'un rebelleLa production littéraire des anarchistes italiens est un aspect souvent négligé de la production écrite des anarchistes italiens et est plus importante qu’on pourrait le penser. Parmi les auteurs de nouvelles, pièces de théâtre, saynètes, poésies, etc., on retrouve les plus grands noms de l’anarchisme italien : Pietro Gori, le plus connu, Camillo Berneri, Felice Vezzani, Gigi Damiani et aussi Errico Malatesta, etc. Certains n’avaient pas eux-mêmes de muse littéraire, comme Luigi Fabbri, mais pouvaient montrer combien ils appréciaient les textes de ce genre, qui émanaient également de militants anonymes, souvent des autodidactes, qui trouvaient ainsi un terrain d’expression plus adapté à leur plume et à leur sensibilité. Les poésies et les textes dramatiques, notamment, servaient à enrichir le programme des « soirées de propagande », organisées pour faire rentrer des fonds ou à l’occasion de commémorations.

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L’histoire de l’anarchisme italien est liée, par bien des aspects, à l’histoire de l’émigration italienne. Malatesta lui-même a passé une bonne partie de son existence hors d’Italie, en Amérique du Sud et à Londres (mais aussi en Égypte et ailleurs), avant son retour rocambolesque en Italie en 1919, et il était en contact avec des militants répartis aux quatre coins du monde. Le fil conducteur choisi pour ce blog offre donc un vaste champ d’investigation. Ce sera la seule contrainte que nous nous imposerons : nos « conversations » auront toutes pour point de départ les vicissitudes des anarchistes italiens dans le monde et aborderont, au fil de l’actualité, de l’humeur, peut-être aussi des réactions et des demandes des lecteurs, des sujets variés, que nous illustrerons si possible de photographies, documents d’archives, correspondances, textes traduits de l’italien…