Articles avec le tag ‘Pio Turroni’

Pio Turroni à l’université

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Grâce à Françoise Fontanelli Morel, qui a rédigé une thèse intitulée Le mouvement anarchiste italien en exil dans le Sud-Est de la France durant l’Entre-deux-guerres : Pio Turroni, une approche biographique, soutenue le 8 décembre 2017, Pio Turroni entre à l’université.
Né en 1906, Pio Turroni a vécu des périodes troubles de l’histoire italienne et mondiale, au cours desquelles il n’a cessé d’être actif, maintenant des contacts avec les anarchistes (italiens et non italiens) du monde entier, comme le montre l’énorme documentation recueillie par Françoise Fontanelli Morel.
En 1939, du fait de son activité antifasciste, Pio Turroni est arrêté et il passe de longs mois enfermé au Fort Saint Nicolas à Marseille. Le 26 décembre 1939, il écrit au juge d’instruction une lettre que Françoise Fontanelli Morel reproduit dans son travail et dont nous citons des extraits ci dessous, comme une invitation à mieux connaître la personnalité de Turroni et son parcours.
Il faut espérer que ce travail si bien entamé aboutisse à une publication, pourquoi pas à un épistolaire.

[...] J’ai passée disept ans en France et j’ai tous jours travaillée. [...] Dans tout ce temps je n’ai pas eu  le plus  petit proces verbal.
Et on trouve moyen de m’accuser d’espionnage! D’une accusation si infamante! Quant tout le monde sait que j’ai eu tousjours de l’avversion pour les pays de dictature. A profit de qui j’aurais fait l’espion? Je suis partir en 1922 d’Italie et jamais je remis les pieds; même quand mon père et ma mère sont mort, chez moi. En 1922 quand j’ai quittée le pays, mon père m’avait fait jurer de jamais retourner en Italie tant que Mussolini restait au  pouvoir. J’ai continué de mon avversion au fascisme en allant à combattre en Espagne où j’ai versé du sang, je suis partis d’Espagne dégoutée et pour me sauver des bolscevichs. Entrée en France j’ai immediatament recomencée à travailler. Ce sont des choses faciles à controler. Je me demande pourquoi  après 45 jours je suis encore en prison. [...]

Amedeo Bertolo, entre intimité et internationalisme

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Par les hasards de la vie, j’ai rencontré Amedeo Bertolo plusieurs fois en dehors du contexte de l’anarchisme, la première par le biais d’une amie brésilienne qui connaissait quelqu’un… qui connaissait Amedeo. C’était justement au moment où je me rendais pour mes recherches au Centre Pinelli de Milan, sans savoir qu’il en était le fondateur. Bien plus tard, toujours en dehors du contexte de l’anarchisme, ce fut par le biais d’une collègue qui connaissait quelqu’un… qui connaissait Amedeo. Entre les deux occasions, j’avais approché de très près Amedeo en traduisant, pour l’Atelier de création libertaire, son entretien avec Mimmo Pucciarelli. J’ai beaucoup aimé la  personne que je découvrais au fil du texte et j’ai été touchée de savoir, indirectement, qu’Amedeo avait apprécié la traduction. Alors que nous aurions eu quelques (rares) occasions, à Milan ou à Florence, d’en parler ensemble, cela n’a pas été le cas et je ne peux que regretter maintenant que timidité et pudeur m’aient fait manquer cet échange.
Je ne sais pas dans quelle mesure les anarchistes français, qui n’auraient pas de lien avec l’Italie, connaissent Amedeo Bertolo. En lisant ses propos, recueillis par Mimmo Pucciarelli, ils pourront re-découvrir tout un pan de l’histoire de l’anarchisme en Italie et en Europe dont il  a été un moteur depuis la fin des années cinquante.

«Eloge du cidre», L’anarchisme en personnes. Récits de vie et anarchie, Lyon, Atelier de création libertaire, 2006. Voir ici pour télécharger le texte de l’entretien ou ici pour le lire en ligne. Voir ici comment se procurer l’ouvrage.

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L’histoire de l’anarchisme italien est liée, par bien des aspects, à l’histoire de l’émigration italienne. Malatesta lui-même a passé une bonne partie de son existence hors d’Italie, en Amérique du Sud et à Londres (mais aussi en Égypte et ailleurs), avant son retour rocambolesque en Italie en 1919, et il était en contact avec des militants répartis aux quatre coins du monde. Le fil conducteur choisi pour ce blog offre donc un vaste champ d’investigation. Ce sera la seule contrainte que nous nous imposerons : nos « conversations » auront toutes pour point de départ les vicissitudes des anarchistes italiens dans le monde et aborderont, au fil de l’actualité, de l’humeur, peut-être aussi des réactions et des demandes des lecteurs, des sujets variés, que nous illustrerons si possible de photographies, documents d’archives, correspondances, textes traduits de l’italien…