Articles avec le tag ‘Presse’

Elena, Bénédicte, Jorge et les autres

ecris-ta-theseAvec quelques décennies de retard, je mets à disposition, dans une version légèrement remaniée par rapport à la version papier qui a circulé, ma thèse de doctorat sur Les Italiens dans le mouvement anarchiste au Brésil (1890-1920), soutenue en 1994 à l’Université de la Sorbonne Nouvelle Paris 3. Le document était (et est encore) disponible sur le site Raforum, ce qui a beaucoup contribué à le faire connaître. Merci à Ronald Creagh!
Ce  travail a connu quelques déboires éditoriaux. Robert Paris, membre du jury, a beaucoup encouragé sa publication à l’époque, mais l’ouvrage n’est pas arrivé au bon moment pour certains éditeurs ou était trop spécialisé pour d’autres (mais les lecteurs de ce blog savent que la partie sur la colonie Cecilia a trouvé sa place à l’Atelier de Création Libertaire, ici), Plusieurs projets de traduction n’ont pas abouti, malgré cela, l’obstacle de la langue ne semble pas avoir gêné les chercheurs qui ont utilisé le texte, et l’ont cité, ce qui ne va pas toujours de pair!

Le texte, un peu remanié pour plus de lisibilité, est disponible sur les Archives ouvertes  :  https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-01359546v1 ou ici.

Football au Brésil. En 1917 déjà…

foodnotfootball-mimmopucciarelliLe 1er mai 1917, dans un journal anarchiste de langue italienne publié au Brésil, Guerra sociale, la rubrique d’Anargiro Sbadiglia est consacrée au fouttebolle. Le titre de la rubrique, « Quelli che ti ragionano coi piedi » (Ceux qui raisonnent avec les pieds), et le pseudonyme choisi (un faux prénom composé à partir du début du mot Anarchiste et avec le verbe Sbadiglia de sbadigliare bâiller) donnent le ton. Rien de bien sérieux… Anargiro s’en prend au football et aux passions que ce sport déchaîne auprès des jeunes générations, les éloignant de la lutte sociale. Libre à ceux qui voudraient s’amuser de voir des analogies avec l’actualité de l’été 2014. Ils remarqueront toutefois qu’à l’époque on perdait son temps et ses énergies à JOUER au football.
L’article est truffé de jeux de mots, de régionalismes, d’allusions qui supportent mal la trahison de la traduction ; nous nous aventurons à donner ici tout de même une version en français, suivie de l’article original.

Une des causes de l’abêtissement de l’humanité est le foutteboll, qui n’est d’ailleurs rien d’autre que le jeu de ballon tellement en vogue à l’époque où le peuple florentin devait supporter cette belle affaire qu’on appela la Seigneurie des Médicis, qui n’est d’ailleurs pas différente des Seigneuries qui aujourd’hui continuent de nous plumer et de nous contraindre au respect.
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L’histoire de l’anarchisme italien est liée, par bien des aspects, à l’histoire de l’émigration italienne. Malatesta lui-même a passé une bonne partie de son existence hors d’Italie, en Amérique du Sud et à Londres (mais aussi en Égypte et ailleurs), avant son retour rocambolesque en Italie en 1919, et il était en contact avec des militants répartis aux quatre coins du monde. Le fil conducteur choisi pour ce blog offre donc un vaste champ d’investigation. Ce sera la seule contrainte que nous nous imposerons : nos « conversations » auront toutes pour point de départ les vicissitudes des anarchistes italiens dans le monde et aborderont, au fil de l’actualité, de l’humeur, peut-être aussi des réactions et des demandes des lecteurs, des sujets variés, que nous illustrerons si possible de photographies, documents d’archives, correspondances, textes traduits de l’italien…