Archive pour la catégorie ‘Références’

Une lettre de James Guillaume à Max Nettlau (7 décembre 1903)

Recherchant récemment pour un article la source d’une citation de James Guillaume à propos de Bakounine, j’ai dû aller farfouiller dans les archives de l’historien Max Nettlau, conservées à l’Institut Internationale d’Histoire Sociale d’Amsterdam, et j’ai retrouvé la lettre dont était extraite la citation en question. Comme il me semble que c’est un document intéressant, aussi bien pour les rapports entre Guillaume et Nettlau, pour ce que Guillaume pouvait dire (et peut-être penser) de Bakounine et pour l’histoire de la reconstitution et de la réception de l’œuvre de Bakounine, je la transcris ci-dessous dans son intégralité. Je pense que cela peut intéresser les collègues qui ont entamer une belle recherche sur James Guillaume, dont on peut suivre l’avancée sur leur blog.
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Bakounine dans la correspondance d’Arnold Ruge

Il vaut la peine d’éplucher la correspondance d’Arnold Ruge (1802-1880), figure centrale de la gauche hégélienne puis du jeune hégélianisme, et plus largement du Vormärz (cette période qui, en Allemagne, précède la révolution de 1848, laquelle commença là-bas en mars), à la recherche des mentions de Bakounine. C’est d’abord que Ruge tient une place cruciale dans l’itinéraire du révolutionnaire russe. Sa revue, les Deutsche Jahrbücher für Wissenschaft und Kunst (Annales allemandes pour la science et l’art), organe philosophique du jeune hégélianisme, qui avait pris le relais en 1841 des Hallische Jahrbücher (Annales de Halle), lieu d’expression de la gauche hégélienne, accueillit le premier article révolutionnaire de Bakounine, La Réaction en Allemagne, en octobre 1842. Mais avant cela, c’est sans doute ce même Ruge qui ouvrit à Bakounine, de l’aveu même de ce dernier dans la Confession, tout un continent qu’il ignorait, celui de la critique politique et sociale, et amorça par la même occasion l’éloignement progressif du jeune Russe avec ce qui avait jusqu’alors été son terrain d’activité, la philosophie. Lire la suite de cette entrée »

Le Bréviaire Bakounine d’Hugo Ball

Mais comment ai-je pu passer à côté du Bréviaire Bakounine d’Hugo Ball ? C’est un ami (qu’il soit ici remercié!) qui a récemment attiré mon attention sur ce texte inachevé commencé en 1915 par le poète allemand qui deviendrait l’année suivante l’un des fondateurs du mouvement Dada à Zurich. Édité pour la première fois en 2008, Michael Bakunin. Ein Brevier constitue la matière du quatrième volume des Sämtliche Werke und Briefe (Œuvres et correspondance complètes) d’Hugo Ball (10 volumes sont prévus, le dernier se composant de trois tomes de lettres, et trois sont encore à paraître, à en croire le site de la Hugo Ball Gesellschaft). Dix ans après la première édition de ce Bréviaire Bakounine en allemand, et un siècle après l’abandon de ce projet par Hugo Ball, j’ai donc décidé de réparer l’oubli, mais comme on va le voir, c’est une décision qui peut entraîner assez loin. Car se plonger dans ce texte, ce n’est pas seulement ouvrir une porte donnant sur les rapports entre Dada en général ou Hugo Ball en particulier et l’anarchisme, c’est aussi et peut-être surtout avoir à replacer cette réception singulière de Bakounine dans un contexte, celui de l’Allemagne des années 1914-1925. Lire la suite de cette entrée »

Une rue Bakounine à Saint-Imier

rue-bakounineIl y a six ans de cela, je faisais état d’une rue Michel Bakounine à Morlaix, et d’un début d’enquête que j’avais conduite pour établir les circonstances de ce baptême. Aujourd’hui, (Marianne Enckell m’informe que) la Tribune de Genève nous apprend que la petite ville suisse de Saint-Imier vient à son tour de se doter d’une rue Bakounine. Évidemment, ce n’est pas un hasard, puisque Bakounine prononça dans cette ville en 1871 trois conférences qui furent ensuite éditées en volume et qui témoignent des relations d’amitié qu’il avait pu établir avec les ouvriers (notamment horlogers) de la région.

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Colifichets bakouniniens (8) : un autre tee-shirt est possible

p1130906resizedJe dois à mon grand pourvoyeur de colifichets bakouniniens, Misha Tsovma, d’être entré en possession de ce tee-shirt à l’occasion de mon anniversaire. Il est encore l’œuvre des copains italiens qui avaient produit le précédent tee-shirt dont j’avais déjà parlé sur ce blog. J’aime beaucoup la désignation old school anarchist, qui suggère qu’il y a une nouvelle école (qui d’ailleurs n’en est pas une), non pas post mais plutôt néo-anarchiste, comme dirait Tomás Ibañez.

Une question me taraude toutefois: ce bout de tissu imprimé est-il en mesure d’impressionner notre sémillant désormais ex-ministre de l’économie et de rabattre le mépris de classe exprimé par son fameux « vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt » lancé à deux grévistes de la CGT à Lunel en mai dernier?

La rentrée en chanson : La tomba di Bakunin

Merci à René F. de m’avoir fait découvrir cette chanson sur la tombe de Bakounine, et par la même occasion le répertoire d’Alessio Lega (dont les italianisants pourront lire la biographie ici).

NB: étrangement, la fonction d’insertion de vidéo depuis youtube dans wordpress ne fonctionne pas, je me contente donc de coller le lien : https://www.youtube.com/watch?v=7_kCSw8v…

Bakuninhütte

herbst08Il y a près d’un an de cela, de retour des commémorations liées aux 200 ans de la naissance de Bakounine, j’avais brièvement fait état, à propos d’une carte postale qui entrait dans la série des colifichets bakouniniens, de la Bakuninhütte, soit littéralement la « cabane Bakounine », fondée au cours des années 1920 par des membres de la FAUD.

Aujourd’hui, la feuille d’info de juillet-août du CIRA (Centre international de recherche sur l’anarchisme) de Marseille nous informe de l’actualité de cette cabane (merci à René F. d’avoir attiré mon attention dessus). Lire la suite de cette entrée »

Colifichets bakouniniens (7) : deux marque-page

Les amis de Priamoukhino continuent à être mes principaux pourvoyeurs de colifichets bakouniniens. Cette fois, pour le cas où vous manqueriez d’imagination pour  marquer la page de votre édition favorite de Bakounine, voici deux marque-page à l’effigie de Bakounine (et qui font par la même occasion la publicité de la fondation Bakounine de Priamoukhino), chacun comportant au verso une citation en russe sur la liberté.

Émile Zola et « Bakounine l’exterminateur »

chd8969Dans un précédent billet, j’avais signalé que Bakounine pouvait constituer l’une des sources du personnage de Souvarine dans Germinal de Zola, m’appuyant pour cela sur les propos que l’auteur prête à son personnage, et qui sont étonnamment semblables aux idées qu’un autre Émile, de Laveleye, attribue (à tort) à Bakounine dans son ouvrage de 1881 Le socialisme contemporain à propos d’un prétendu éloge par Bakounine d’une « sainte et salutaire ignorance ». Mais il m’est apparu depuis que j’avais été chercher l’aiguille dans la botte de foin sans y voir la poutre. Car de Bakounine, il est en fait question explicitement dans Germinal, mais aussi dans un autre texte d’Émile Zola, et dans les deux cas, on trouve le même qualificatif accolé au nom du révolutionnaire russe : « Bakounine, l’exterminateur ». Revenons donc sur ces deux occurrences. Lire la suite de cette entrée »

Portraits de Bakounine par Nadar

bakuninresizedParmi les portraits les plus connus de Bakounine (dont on trouve une belle collection, et avec une bien meilleure résolution, ici) figurent ceux que le photographe français Nadar (de son vrai nom Gaspard-Félix Tournachon, 1820-1910) fit du révolutionnaire russe. De fait, il existe deux de ces portraits : celui qui figure ci-contre et celui que j’ai ajouté ci-dessous. Ils se distinguent l’un de l’autre par un léger changement de pose du modèle entre les deux clichés. La seule question qui demeure obscure est celle de savoir à quel moment la photographie fut prise. Sur Internet, j’ai trouvé les dates de 1860 (ce qui est impossible, puisqu’à l’époque, Bakounine se trouvait en Sibérie) et de 1865 (ce qui n’est pas possible non plus, pour des raisons qui apparaîtront plus loin), mais aussi celle de 1863 (hypothèse qui me semble la plus vraisemblable). Lire la suite de cette entrée »

Comme tant de personnages intéressants, mais aussi comme l'anarchisme, dont il est considéré à raison comme l'un des fondateurs modernes, le révolutionnaire russe Michel Bakounine (1814-1876) a mauvaise réputation : apôtre de la violence, faible théoricien, radicalement extérieur au champ intellectuel européen, on ne compte plus les griefs qui lui sont adressés.
Toute une partie de ce blog consistera d'abord à corriger cette image, erronée non seulement parce qu'elle consiste à projeter sur la personne de Bakounine les fantasmes construits à propos de l'ensemble du mouvement anarchiste, mais aussi parce que Bakounine n'est pas seulement l'un des premiers théoriciens de l'anarchisme. En consacrant ce blog à Bakounine, nous entendons ainsi présenter toutes les facettes de sa pensée et de sa biographie, depuis les considérations familiales de ses premières années jusqu'aux développements théoriques anarchistes des dernières, en passant par son inscription momentanée dans la gauche hégélienne et par son panslavisme révolutionnaire. Nous nous permettrons également quelques excursus, dans la mesure où ils pourront contribuer à éclairer la biographie et la pensée de notre cher Michka ! Le tout sera fonction des envies, de l'actualité, des réactions de lecteurs, et contiendra autant que possible de la documentation sous forme d'images et de textes.
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