Articles avec le tag ‘femmes’

Amour et mariage chez Bakounine

antoniaUne fois n’est pas coutume, je cède le clavier à un autre bakouninien, en l’occurrence Gaetano Manfredonia, pour la version longue d’une contribution qu’il vient de publier par ailleurs dans un volume d’hommages à Ronald Creagh. Deux raisons à cela: je n’aurais pas fait mieux sur la question, et Gaetano me l’a gentiment proposé. Merci donc à lui de venir enrichir ce blog, auquel je tâcherai un jour ou l’autre de revenir moi-même plus assidûment. Cela ne vous dispense évidemment pas d’aller jeter un œil au volume en question, et d’en faire l’acquisition si cela vous tente!  La présentation de l’ouvrage est ici, et on peut le commander directement sur le site de l’éditeur (qui est aussi l’hébergeur de ce blog) JCA

Amour et mariage chez Bakounine

Bakounine a toujours occupé une place bien particulière au sein du mouvement anarchiste. Sa célèbre phrase de 1842 sur le « désir de destruction » a été utilisée par ses ennemis déclarés et par certains de ses commentateurs peu scrupuleux pour accréditer la thèse d’un Bakounine « apôtre de la pan-destruction » bien plus attiré par l’action que par la réflexion. Rien de plus erroné pourtant, pour peu que l’on prenne la peine de se pencher avec un minimum de sérieux tant sur son parcours militant que sur ses écrits. Lire la suite de cette entrée »

Bakounine et l’émancipation des femmes

mlf105resizedC’est aujourd’hui le 8 mars, qui est une journée de revendication en faveur des droits des femmes, et non pas “la journée de la femme”, comme on l’entend dire trop souvent (ce qui permet de passer sous silence qu’il y a une lutte des femmes pour l’égalité des droits et de  faire croire que “la” femme existe), et c’est aussi l’occasion de se demander ce que notre ami Bakounine a pu écrire sur la question de l’émancipation des femmes. J’ai trouvé l’illustration de ce billet, attribuée à Virginie Berthemet, à cette adresse (où vous en trouverez d’autres tout aussi réjouissantes).

J’avais été invité il y a quelques années par de jeunes collègues à la première d’un séminaire sur anarchisme et féminisme - séance qui fut malheureusement la seule, malgré son succès - pour évoquer les conceptions respectives de Proudhon et de Bakounine sur la question de la différence et de l’égalité des sexes. Je vais en partie m’appuyer sur la partie de ce travail qui concernait Bakounine, et ne mentionner Proudhon que dans la mesure où cela importe pour comprendre ce que Bakounine écrit à propos des femmes. Mais de fait, on va le voir, cela importe, et une bonne partie de ce que Bakounine écrit à ce propos doit être confronté à ce qu’on trouve chez Proudhon sur ce même sujet. Lire la suite de cette entrée »

Comme tant de personnages intéressants, mais aussi comme l'anarchisme, dont il est considéré à raison comme l'un des fondateurs modernes, le révolutionnaire russe Michel Bakounine (1814-1876) a mauvaise réputation : apôtre de la violence, faible théoricien, radicalement extérieur au champ intellectuel européen, on ne compte plus les griefs qui lui sont adressés.
Toute une partie de ce blog consistera d'abord à corriger cette image, erronée non seulement parce qu'elle consiste à projeter sur la personne de Bakounine les fantasmes construits à propos de l'ensemble du mouvement anarchiste, mais aussi parce que Bakounine n'est pas seulement l'un des premiers théoriciens de l'anarchisme. En consacrant ce blog à Bakounine, nous entendons ainsi présenter toutes les facettes de sa pensée et de sa biographie, depuis les considérations familiales de ses premières années jusqu'aux développements théoriques anarchistes des dernières, en passant par son inscription momentanée dans la gauche hégélienne et par son panslavisme révolutionnaire. Nous nous permettrons également quelques excursus, dans la mesure où ils pourront contribuer à éclairer la biographie et la pensée de notre cher Michka ! Le tout sera fonction des envies, de l'actualité, des réactions de lecteurs, et contiendra autant que possible de la documentation sous forme d'images et de textes.