Francisco (dit Paco) et Carmen Perez

Francisco Perez (dit Paco) Bonjour, Nous sommes tombées par hasard sur votre blog, ma soeur Sylvie et moi, à la suite d’un voyage en Espagne que je viens de faire suivant les traces de mes parents Francisco (dit Paco) et Carmen Perez, anarchistes libertaires ayant fui l’Espagne poursuivis par les armées franquistes en 1939, avec un bébé de 15 jours dans les bras : moi. Après le passage, à pied, des Pyrénées, dans le froid glacial, dormant sur des matelas trempés, ils ont abouti au camp de Saint Cyprien, après que le gouvernement français a en fin décidé d’ouvrir la frontière.

ma mère, Carmen Perez, jeuneMa mère était accompagnée de sa mère, Josepha Estevez Cubero dont le mari était mort au front de Madrid, son jeune frère et… moi. Mon père se battait encore au front de Valencia. Après s’être échappés du camp ils ont abouti à Lyon. Mon père n’est jamais retourné en Espagne mais a toujours milité à la C.N.T. Ses croyances datent de ses conversations avec «un viejo» anarchiste alors qu’il était berger et ont duré jusqu’à sa mort, d’un cancer, en 1973 à Lyon.

Ses contacts constants avec les copains de Lyon, Toulouse, Federica Montseny, et ses fréquents voyages pour aider les anarchistes prisonniers des prisons fascistes, les aider à s’échapper, procurer de l’aide à leur famille… il n’a jamais renoncé, ses convictions ont été plus fortes que ses séjours à l’hôpital, ses hémorragies pour ulcère à l’estomac, sa vie mouvementée et finalement son arrestation par la police lyonnaise en tant que secrétaire des fonds recueillis pour les prisonniers d’Espagne, lors du fameux procès du «gang des anarchistes lyonnais». Il y gagna un «passage à tabac» dans les locaux de la police après lequel son visage était méconnaissable, et les coups étaient aussi dirigés vers son estomac alors qu’il était à genoux, sur une barre de fer. Il n’a pas flanché, a toujours proclamé son innocence et nié ce qu’on voulait lui faire dire… mais a passé 8 ans en prison. Malgré le bouleversement que cela apporta à notre famille et à notre vie – ma mère devant travailler dans une usine métallurgique pour pouvoir nous élever, moi 11 ans, ma petite sœur 5 ans, notre perte totale d’enfance, d’insouciance –, nous sommes toujours demeurées fidèles et fières de mon père. Tout cela pour dire que la guerre civile espagnole a continué ses ravages, chez certains, bien après la guerre.

Mon père (devant à gauche agenouillé, devant "la barraca" avec les copainsSur les photos de votre blog, je connais bien sûr Melchora Flores, elle était même au mariage de ma tante, je connais «la baraque» du cours Émile Zola à Lyon, lieu des réunions des copains de la C.N.T. Mon père m’y emmenait, j’y ai même pris des cours de claquettes ! Et, bien sûr « el grupo artistico de Tierra y Libertad» et j’ai reconnu sur les photos Juan Flores (sa femme Fifine), Callès, Fontaura, sa femme Gertrudes etc. Tout cela, je ne l’oublierai jamais. Nous avons enterré mon père à Lyon en 1973 et le cercueil de ma mère est entré au tunnel de la crémation aux sons triomphants de la chanson «El pasage del Ebro ( Ay Carmela, Ay Carmela)»…

Violette Perez

PS : nous avons aussi retrouvé, dans des papiers, une carte laisser-passer de la Résistance au nom de mon père.

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Milieu des années 1980 – le local d’IRL

La revue IRL a conservé le local de la rue Pierre Blanc jusqu’à la fin. Nous sommes ici dans la deuxième moitié des années quatre-vingt et une partie de l’équipe est au travail. Au fond, Jean-Michel travaille sur la table de montage, à faire visiblement de la « titraille ». Jean-Marc, est assis devant la composphère, machine électronique qui permettait de préparer les textes (on ne la voit pas car elle est cachée par…) . Alain, au premier pas, se gratte la tête.

Mimmo est derrière l’objectif, comme à son habitude.

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Le 13 rue Pierre Blanc

Le 13 rue Pierre Blanc fut le local historique des libertaires lyonnais dans les années soixante-dix, quatre-vingt et début quatre-vingt dix. Mimmo, Jean-Marc et Papy, devant le 13 de la rue Pierre Blanc, en septembre 2009.

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Le Goût de canon – avril 1976

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Le Goût de canon fut le premier restaurant alternatif à ouvrir à Lyon. Une militante libertaire, Maryvonne Marcoux, en était à l’origine, aidée par d’autres personnes (dont deux libertaires italiens insoumis). Le 6 octobre 1996, le restaurant fut victime d’un accident criminel. On ne retrouvera jamais les coupables.

On peut lire plus d’informations sur le site de Rebellyon : http://rebellyon.info/Le-Gout-de-canon-explose-dans-la.html.

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