{"id":470,"date":"2014-06-17T17:40:21","date_gmt":"2014-06-17T15:40:21","guid":{"rendered":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs\/anarchistes-italiens\/?p=470"},"modified":"2023-11-22T15:04:41","modified_gmt":"2023-11-22T13:04:41","slug":"football-au-bresil-en-1917-deja","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/2014\/06\/17\/football-au-bresil-en-1917-deja\/","title":{"rendered":"Football au Br\u00e9sil. En 1917 d\u00e9j\u00e0&#8230;"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-521 alignleft\" src=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/\/wp-content\/uploads\/foodnotfootball-mimmopucciarelli.jpg\" alt=\"foodnotfootball-mimmopucciarelli\" width=\"150\" height=\"150\" \/>Le 1<sup>er<\/sup> mai 1917, dans un journal anarchiste de langue italienne publi\u00e9 au Br\u00e9sil, <em>Guerra sociale<\/em>, la rubrique d&rsquo;Anargiro Sbadiglia est consacr\u00e9e au <em>fouttebolle<\/em>. Le titre de la rubrique, \u00ab\u00a0Quelli che ti ragionano coi piedi\u00a0\u00bb (Ceux qui raisonnent avec les pieds), et le pseudonyme choisi (un faux pr\u00e9nom compos\u00e9 \u00e0 partir du d\u00e9but du mot Anarchiste et avec le verbe Sbadiglia de <em>sbadigliare<\/em> b\u00e2iller) donnent le ton. Rien de bien s\u00e9rieux&#8230; Anargiro s&rsquo;en prend au football et aux passions que ce sport d\u00e9cha\u00eene aupr\u00e8s des jeunes g\u00e9n\u00e9rations, les \u00e9loignant de la lutte sociale. Libre \u00e0 ceux qui voudraient s&rsquo;amuser de voir des analogies avec l&rsquo;actualit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2014. Ils remarqueront toutefois qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque on perdait son temps et ses \u00e9nergies \u00e0 JOUER au football.<br \/>\nL&rsquo;article est truff\u00e9 de jeux de mots, de r\u00e9gionalismes, d&rsquo;allusions qui supportent mal la trahison de la traduction\u00a0; nous nous aventurons \u00e0 donner ici tout de m\u00eame une version en fran\u00e7ais, suivie de l&rsquo;article original.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify\">Une des causes de l&rsquo;ab\u00eatissement de l&rsquo;humanit\u00e9 est le <em>foutteboll<\/em>, qui n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs rien d&rsquo;autre que le jeu de ballon tellement en vogue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le peuple florentin devait supporter cette belle affaire qu&rsquo;on appela la Seigneurie des M\u00e9dicis, qui n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas diff\u00e9rente des Seigneuries qui aujourd&rsquo;hui continuent de nous plumer et de nous contraindre au respect.<br \/>\n<!--more--><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-505\" src=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/files\/calcio-e-soldi-e13990220923991-150x150.jpg\" alt=\"calcio-e-soldi-e13990220923991\" width=\"150\" height=\"150\" \/>Car s&rsquo;il est vrai que l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, c&rsquo;est-\u00e0-dire le citoyen, conna\u00eet le progr\u00e8s sur le plan d\u00e9mocratique et produit des hommes aux id\u00e9es larges comme Bissolati [socialiste r\u00e9formiste, alors ministre], l&rsquo;art de gouverner progresse \u00e9galement, ainsi que l&rsquo;app\u00e9tit des gouvernants, tandis que celui des ouvriers reste \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat chronique, autrement dit, pour ne pas faire de confusion, toujours insatisfait, malgr\u00e9 l&rsquo;invention humanitaire des cuisini\u00e8res \u00e0 bois.Mais je divague comme un p\u00e8re j\u00e9suite qui veut d\u00e9montrer l&rsquo;existence de Dieu ou comme un futur candidat socialiste qui veut convaincre qu&rsquo;il faut voter pour lui si l&rsquo;on veut gu\u00e9rir des rhumatismes.Je ressaisis donc imm\u00e9diatement les balles du jeu du <em>fouttebolle<\/em> et, ces balles en main, j&rsquo;explique comment l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque jeune g\u00e9n\u00e9ration, dont la t\u00eate a \u00e9migr\u00e9 vers le talon, est atteinte de cr\u00e9tinisme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9.<br \/>\nJe ne suis pas un philosophe parce que pour \u00eatre philosophe, il faut avoir une barbe blanche, les cheveux longs et regarder de derri\u00e8re ses lunettes la mis\u00e8re de la vie\u00a0; et je ne suis pas non plus un sociologue parce que pour \u00eatre attaqu\u00e9 par un tel bacille il est n\u00e9cessaire de conna\u00eetre des mots qui embrouillent les gens. Mais je suis un homme qui regarde, un observateur. Et comme la loi qui interdit tant de choses n&rsquo;a pas encore interdit de regarder autour de soi, fort de mes droits de libre citoyen \u00e9mancip\u00e9 par la r\u00e9volution fran\u00e7aise et par la chute du Pouvoir temporel des Papes, je regarde ce qui se passe et je r\u00e9fl\u00e9chis, notamment pour \u00e9viter qu&rsquo;un malheur ne m&rsquo;arrive ou que ne me tombe dessus une de ces balles que les valeureux <em>foullboques<\/em> envoient dans l&rsquo;estomac du promeneur innocent en m\u00eame temps que les pires insultes.Autrefois la jeunesse s&rsquo;occupait davantage de son sort et les gens s&rsquo;apercevaient de son existence.Aujourd&rsquo;hui, on s&rsquo;en aper\u00e7oit encore, mais seulement pour s&rsquo;exclamer\u00a0: regarde un peu tous ces imb\u00e9ciles.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Et donc toi, Anargiro, homme aux id\u00e9es libres, tu soutiens que les jeunes, m\u00eame ceux qui portent d\u00e9j\u00e0 la barbe, n&rsquo;auraient pas le droit de se divertir honn\u00eatement.<br \/>\nTu nies que l&rsquo;exercice musculaire renforce les nerfs et d\u00e9veloppe les muscles\u00a0?<br \/>\nJe ne nie rien de rien, mais tout en respectant l&rsquo;opinion d&rsquo;autrui, je fais remarquer que tous ces bonds et ces coups de pieds sont une perte d&rsquo;\u00e9nergie suppl\u00e9mentaire, \u00e9tant donn\u00e9 que dans les usines, de l&rsquo;exercice, ces jeunes ont font plus qu&rsquo;assez.<br \/>\nMais si les patrons des usines o\u00f9 ces jeunes travaillent ne se plaignent pas, de quoi te m\u00eames-tu toi, Anargiro Sbadiglia, homme sans industrie ni capital\u00a0?<br \/>\nEt je t&rsquo;attendais au passage, comme dit l&rsquo;Arioste, \u00f4 illustre imb\u00e9cile qui m&rsquo;interroge de cette mani\u00e8re.<br \/>\nPuisque je m&rsquo;\u00e9tais moi-m\u00eame pos\u00e9 la question avant tout le monde et comme je n&rsquo;y trouvais pas de r\u00e9ponse satisfaisante, je l&rsquo;ai pos\u00e9e \u00e0 quelqu&rsquo;un dont j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s proche, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 nous \u00e9tions mis\u00e9rables, et qui est aujourd&rsquo;hui le directeur d&rsquo;une grande usine textile, [L&rsquo;exemple n&rsquo;est pas anodin, c&rsquo;est dans l&rsquo;usine textile de Rodolfo Crespi que se d\u00e9clenchent les \u00e9v\u00e9nements de la grande gr\u00e8ve de 1917 \u00e0 S\u00e3o Paulo.] mais qui continue toutefois \u00e0 me saluer, s&rsquo;agissant, comme disent les socialistes l\u00e9galistes, d&rsquo;un bourgeois \u00e9clair\u00e9.<br \/>\nEt je transcris son avis \u00e9clair\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi parla l&rsquo;ami [mot illisible].<br \/>\nAu d\u00e9but, lorsque le <em>foutt-bol<\/em> s&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, j&rsquo;ai imm\u00e9diatement remarqu\u00e9 que les ouvriers \u00e9taient fatigu\u00e9s et qu&rsquo;ils travaillaient peu\u00a0; j&rsquo;ai remarqu\u00e9 aussi que pendant toute la semaine, ils ne faisaient que parler de balles, de coups de pied, de coups de t\u00eate. La production s&rsquo;en ressentait et j&rsquo;\u00e9tais en train de r\u00e9fl\u00e9chir aux mesures \u00e0 prendre quand un contrema\u00eetre, qui espionne pour moi ce qui se passe dans l&rsquo;usine, m&rsquo;avertit que les ouvriers, \u00e0 la pause d\u00e9jeuner, ne lisaient plus de journaux subversifs, que quand ils lan\u00e7aient des jurons, ils ne disaient plus connard de patron, mais insultaient tel ou tel club, ceux des autres joueurs, s&rsquo;entend.<br \/>\nJe compris aussit\u00f4t le parti \u00e0 tirer de la situation. Mais comme il y avait des malades du <em>futt-bol<\/em>, j&rsquo;ai pens\u00e9 \u00e0 diminuer la paie de tout le monde, m\u00eame de ceux qui ne jouaient pas. J&rsquo;attendis de voir les r\u00e9sultats.<br \/>\nCeux qui ne jouaient pas r\u00e2l\u00e8rent un peu, essay\u00e8rent d&rsquo;entra\u00eener les autres, mais perdirent leur temps puisque ceux-l\u00e0 ne s&rsquo;occupaient que du jeu.<br \/>\nAlors je pr\u00e9parai un coup de ma\u00eetre.<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 que, leur cerveau \u00e9migrant de la t\u00eate au talon, mes ouvriers devenaient plus mall\u00e9ables, j&rsquo;augmentais la dur\u00e9e de la journ\u00e9e de travail de neuf \u00e0 dix heures. Mais dans le m\u00eame temps, en un geste magnanime, je leur conc\u00e9dai la possibilit\u00e9 d&rsquo;utiliser un terrain proche de l&rsquo;usine pour en faire leur champ de bataille.<br \/>\nEt le coup passa.<br \/>\nMaintenant, dans l&rsquo;usine, quoique j&rsquo;impose, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;ouvriers pour protester&#8230; du moment que je les laisse discuter de <em>foutt-bol<\/em> et y jouer.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette opinion d&rsquo;un homme qui sait de quoi il parle explique donc le myst\u00e8re des grands exc\u00e8s obtenus gr\u00e2ce au <em>fouttebolle<\/em>, un jeu encourag\u00e9 par tous, par le gouvernement, par les pr\u00eatres et par les patrons, parce qu&rsquo;il distrait le travailleur exploit\u00e9, lequel donnera des coups de pied \u00e0 son prochain pour que la balle ne franchisse pas le poteau. Le m\u00eame passera, tranquille et docile, sans rougir sous les fourches caudines de l&rsquo;exploitation bourgeoise.<br \/>\nEt si avec cette \u00e9ducation du coup de pied, la nouvelle jeunesse h\u00e9ro\u00efque en laissait parfois passer un en direction de celui qui l&rsquo;exploite, comme le font les mulets.<br \/>\nMais non, ces braves jeunes gens qui raisonnent avec les pieds, les coups, ils se les donnent entre eux.<\/p><\/blockquote>\n<p>Anargiro Sbadiglia, \u00ab\u00a0Quelli che ti ragionano coi piedi\u00a0\u00bb, <em>Guerra Sociale,<\/em> n\u00b046, S\u00e3o Paulo, 1<sup>er <\/sup>mai 1917.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-517  aligncenter\" src=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-content\/uploads\/\/quelli-che-ti-ragionano-coi-piedi-300x246.jpg\" alt=\"quelli-che-ti-ragionano-coi-piedi\" width=\"300\" height=\"246\" srcset=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-content\/uploads\/quelli-che-ti-ragionano-coi-piedi-300x246.jpg 300w, http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-content\/uploads\/quelli-che-ti-ragionano-coi-piedi.jpg 326w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>Voici l&rsquo;original en italien:<\/p>\n<blockquote>\n<p align=\"center\">Quelli che ti ragionano coi piedi<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Una delle cause del rincitrullimento dell&rsquo;umanit\u00e0 \u00e8 il cosiddetto <em>futtebolle <\/em>che poi altro non ti sarebbe che il giuoco del calcio, tanto in vigore al tempo in cui il popolo fiorentino ti sopportava quella bella roba che si chiam\u00f2 la Signoria dei Medici. la quale del resto non ti era assai diversa dalle tante Signorie che oggi ti pelano e ti impongono il dovuto rispetto. Perch\u00e9 se la specie umana, ovverosia, il cittadino, progredisce democratimente parlando e ti produce uomini liberali come Bissolati, \u00e8 anche vero che progredisce l&rsquo;arte di governare e progredisce l&rsquo;appetito dei signori, quello delli operai restandoti allo stato cronico o vogliamo dire, perch\u00e9 non si faccino confusioni, sempre insoddisfatto, anche dopo l&rsquo;umanitaria invenzione delle cucine economiche.<br \/>\nMa io ti divago come un padre gesuita qualunque che ti voglia dimostrare l&rsquo;esistenza di Dio, o come un futuro candidato socialista che ti voglia persuadere che devi votare per lui se vuoi guarire dai reumatismi.<br \/>\nPerci\u00f2 ti riafferro subito le palle del giuoco del calcio o <em>futtebolle<\/em> che sia e con esse alla mano ti provo come essendoti emigrata la testa verso il calcagno, si spieghi l&rsquo;incretinimento generale della presente eroica giovane generazione.<br \/>\nIo non sono un filosofo perch\u00e9 per essere filosofo bisogna che tu abbia la barba bianca, i capelli lunghi e che guardi da dietro l&rsquo;occhiali le miserie della vita, e non sono neppure un sociologo perch\u00e9 per essere attaccato da simile bacillo \u00e8 necessario conoscere delle parole difficili che ingarbuglino la gente. Ma sono un omo che guarda, cio\u00e8, un osservatore. E siccome la legge che ti proibisce tante cose non ti ha proibito ancora quella di guardarti attorno, forte dei miei indiscussi diritti di libero cittadino emancipato dalla rivoluzione francese e dalla caduta del Potere Temporale dei Papi &#8211; io guardo quello che succede per rifletterci sopra ed anche perch\u00e9 non mi capiti addosso una disgrazia o magari una di quelle palle che i valorosi <em>fullbocches<\/em> respingono sullo stomaco dell&rsquo;innocente viandante per difendere l&rsquo;anima dei mortacci loro.<br \/>\nUna volta la giovent\u00f9 pensava meglio ai casi suoi e la gente s&rsquo;accorgeva che al mondo c&rsquo;era anch&rsquo;essa.<br \/>\nOggi uno se ne accorge lo stesso, ma solo per esclamare: guarda quanti imbecilli ti crescono su!<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Dunque tu, Anargiro, uomo di liberi sentimenti, sosterrai che i giovanotti, sia pure con la barba cresciuta, non abbiano diritto all&rsquo;onesto divertimento?<br \/>\nNegherai tu che l&rsquo;esercizio muscolare rinforzi i nervi e sviluppi i muscoli?!<br \/>\nIo non nego un accidente, ma col dovuto rispetto alle opinioni altrui, ti faccio osservare che tutti quei salti e quell&rsquo;allungar di calci \u00e8 uno sciupio di energia in pi\u00f9, visto che d&rsquo;esercizio nelle officine tutti quei giovanotti ne fanno anche troppo.<br \/>\nMa se non se ne lamentano i padroni delle fabbriche in cui quei ragazzi lavorano che c&rsquo;entri tu, Anargiro Sbadiglia, uomo senza industrie e capitali?<br \/>\nQui ti aspettavo al varco, come dice l&rsquo;Ariosto, o illustre somaro che mi rivolgi la predetta interrogazione.<br \/>\nPoich\u00e9 quella domanda io me l&rsquo;ero rivolta prima di ogni altro e siccome non vi trovavo conveniente risposta la rivolsi ad un tale col quale in tempi di miseria ebbi molta dimestichezza e che oggi \u00e8 direttore di una grande fabbrica di tessuti. Ma che non pertanto mi conserva il saluto essendo come dicono i socialisti legalitari un borghese illuminato. Dunque io mi rivolsi a lui, che trovandosi dentro alla materia, me ne poteva dare sufficiente spiegazione.<br \/>\nE qui ti trascrivo l&rsquo;illuminato parere suo.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cos\u00ec parl\u00f2 l&rsquo;amico [<em>illeggibile<\/em>].<br \/>\nNei primi tempi che si generalizz\u00f2 il <em>futt-bol<\/em> notai subito che gli operai erano stanchi morti e lavoravano poco, notai anche che durante l&rsquo;intera settimana non ti facevano che parlare di palle, di calci, di testate. La produzione ne soffriva ed io stavo pensando come provvedere quando un contra-maestro, che mi fa la spia di quanto succede in fabbrica, mi avvis\u00f2 che gli operai nell&rsquo;ora di colazione non leggevano pi\u00f9 giornali sovversivi, che quando bestemmiavano non dicevano pi\u00f9 ladro d&rsquo;un padrone, ma mandavano tutti gli accidenti al club tale o tal altro; di altri giuocatori, cio\u00e8.<br \/>\nCapii subito che non tutti i mali vengono per nuocere. Ma siccome gli affetti del <em>futt-bol<\/em> esistevano, io pensai di rimediarvi diminuendo la paga a tutti, anche a quelli che non giuocavano. E attesi per vedere in che dava.<br \/>\nQuelli che non giuocavano brontolarono un po&rsquo;, cercarono di mettere su gli altri, ma persero il loro tempo poich\u00e9 costoro si occupavano solo del giuoco.<br \/>\nAllora preparai un colpo da maestro.<br \/>\nVisto il cervello dei miei operai emigrando dalla testa ai calcagni li rendeva pi\u00f9 malleabili, aumentai loro la giornata di lavoro, portando l&rsquo;orario dalle nove a dieci ore. Ma nello stesso tempo con magnanimo gesto concessi loro facolt\u00e0 di approfittare di un terreno prossimo alla fabbrica per farne il loro campo di battaglia.<br \/>\nE il colpo pass\u00f2.<br \/>\nE adesso nella fabbrica non vi sono pi\u00f9 operai che protestano: qualunque cosa io loro imponga, sta bene&#8230; purch\u00e9 li si lasci giuocare e discutere di fut-bol.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Questa opinione di un uomo che sa quello che si dice, ti spiega dunque il mistero del grande eccesso ottenuto dal futtebolle; giuoco incoraggiato da tutti, dal governo, dai preti e dai padroni, perch\u00e9 ti distrae il lavoratore sfruttato, il quale finch\u00e9 si prender\u00e0 a calci col prossimo suo perch\u00e9 la palla non passi il <em>bar<\/em>, lui passer\u00e0 pacifico e mansueto e senza arrossire sotto le forche caudine dello sfruttamento borghese.<br \/>\nE pazienza se con tanta educazione calciauola, la nuova eroica giovent\u00f9 qualche volta lasciasse andare un calcio anche a chi la sfrutta, cos\u00ec come fanno i muli.<br \/>\nMa no, quei cari giovanotti che ragionano coi piedi i calci se li danno tra di loro.<\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 1er mai 1917, dans un journal anarchiste de langue italienne publi\u00e9 au Br\u00e9sil, Guerra sociale, la rubrique d&rsquo;Anargiro Sbadiglia est consacr\u00e9e au fouttebolle. Le titre de la rubrique, \u00ab\u00a0Quelli che ti ragionano coi piedi\u00a0\u00bb (Ceux qui raisonnent avec les pieds), et le pseudonyme choisi (un faux pr\u00e9nom compos\u00e9 \u00e0 partir du d\u00e9but du mot [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[357,356,358],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/470"}],"collection":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=470"}],"version-history":[{"count":52,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/470\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":819,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/470\/revisions\/819"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=470"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=470"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/anarchistes-italiens\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=470"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}