{"id":489,"date":"2011-11-04T14:05:42","date_gmt":"2011-11-04T12:05:42","guid":{"rendered":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs\/bakounine\/?p=489"},"modified":"2011-11-04T14:05:42","modified_gmt":"2011-11-04T12:05:42","slug":"bakounine-a-lombre-de-jacques-duclos","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/bakounine-a-lombre-de-jacques-duclos-489\/","title":{"rendered":"Bakounine \u00e0 l&rsquo;ombre de Jacques Duclos"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-content\/uploads\/bakounine_duclos.jpg\" rel=\"lightbox[489]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-490\" src=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-content\/uploads\/bakounine_duclos-195x300.jpg\" alt=\"bakounine_duclos\" width=\"195\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-content\/uploads\/bakounine_duclos-195x300.jpg 195w, http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-content\/uploads\/bakounine_duclos.jpg 250w\" sizes=\"(max-width: 195px) 100vw, 195px\" \/><\/a>Une recherche de plusieurs ann\u00e9es sur un m\u00eame auteur (ou sur quelque sujet que ce soit, sans doute)\u00a0 entra\u00eene n\u00e9cessairement chez celui ou celle qui s&rsquo;y adonne, un certain nombre de dommages psychologiques collat\u00e9raux, qui vont de la monomanie \u00e0 la perversion pure et simple. Par exemple, lorsqu&rsquo;on travaille depuis plus de dix ans sur la pens\u00e9e et l&rsquo;action de Michel Bakounine, on se rend compte un beau jour que l&rsquo;on s&rsquo;est mis \u00e0 collectionner tout ce qui se rapporte \u00e0 ce personnage, depuis les enveloppes \u00e0 son effigie jusqu&rsquo;\u00e0 des bustes fantaisistes, en passant par des livres douteux, voire fort mauvais. C&rsquo;est une perversion de ce type qui m&rsquo;a pouss\u00e9 \u00e0 faire l&rsquo;acquisition de l&rsquo;ouvrage de Jacques Duclos intitul\u00e9, avec un sens de la nuance que l&rsquo;on ne manquera pas de go\u00fbter, <em>Bakounine et Marx. Ombre et lumi\u00e8re<\/em> (Plon, 1974), titre que la couverture illustre d&rsquo;une mani\u00e8re redondante pour les mal-comprenants.<\/p>\n<p><!--more-->A vrai dire, j&rsquo;ai longtemps r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 entreprendre l&rsquo;acquisition de cet ouvrage, qui me tentait non pas simplement par aberration mentale, ou par une pulsion perverse d&rsquo;exhaustivit\u00e9, mais aussi parce qu&rsquo;il comportait une traduction in\u00e9dite de la <em>Confession<\/em> r\u00e9dig\u00e9e en prison par Bakounine en 1851. Mais jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, je m&rsquo;en \u00e9tais abstenu, consid\u00e9rant que son titre et sa couverture me renseignaient suffisamment sur son contenu, et sur la qualit\u00e9 de celui-ci. Mais on vieillit, on s&rsquo;amollit, on perd ses rep\u00e8res, comme on dit, et me voil\u00e0 d\u00e9sormais en possession de cet ouvrage, chin\u00e9 chez un bouquiniste, peut-\u00eatre pour le seul plaisir de pouvoir en dire du mal sur ce blog (\u00e0 moins que ce ne soit pour pouvoir me dire : \u00ab\u00a0je l&rsquo;ai !\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Pr\u00e9cis\u00e9ment, avant de dire tout le mal que je pense de l&rsquo;ouvrage, je dois reconna\u00eetre que la traduction de la <em>Confession<\/em> donn\u00e9e en annexe est tr\u00e8s bonne, ce qui n&rsquo;a rien d&rsquo;\u00e9tonnant si l&rsquo;on consid\u00e8re qu&rsquo;elle est l\u2019\u0153uvre d&rsquo;Andr\u00e9e Robel, traductrice confirm\u00e9e qui s&rsquo;est notamment signal\u00e9e par ses traductions de Bakhtine et de Ma\u00efakovski. Ne lisant pas couramment le russe, je ne suis pas en mesure d&rsquo;\u00e9valuer techniquement cette traduction par rapport \u00e0 celle qui existait jusqu&rsquo;alors (celle de Paulette Brupbacher, dat\u00e9e de 1932 et republi\u00e9e aux PUF en 1974, soit la m\u00eame ann\u00e9e que l&rsquo;ouvrage de Duclos), mais elle me semble par endroits plus rigoureuse que sa devanci\u00e8re, sans pour autant faire appara\u00eetre de contresens chez cette derni\u00e8re. Mais assez de compliments sur les annexes, venons-en au corps m\u00eame de l&rsquo;ouvrage.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est sans doute pas inutile, pour la compr\u00e9hension de ce livre, de rappeler qui en est l&rsquo;auteur. Jacques Duclos (1896-1975) est en effet une figure historique du Parti Communiste Fran\u00e7ais, auquel il adh\u00e9ra d\u00e8s sa cr\u00e9ation en 1920 et qu&rsquo;il ne quitta que les pieds devant en 1975. Il fut membre du comit\u00e9 central du PCF d\u00e8s 1926, eut une intense activit\u00e9, notamment clandestine, au service du Komintern (pour lequel il se chargea, avant et pendant la guerre civile, de r\u00e9organiser le parti espagnol), et dirigea le PCF clandestin entre 1940 et 1944, pendant que son dirigeant Maurice Thorez se trouvait \u00e0 Moscou. Il demeura le second de ce dernier jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1964, se signala toute sa vie par sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;URSS (soutien aux invasions de la Hongrie et de la Tch\u00e9coslovaquie, mais aussi refus de communiquer au reste du parti le rapport Khrouchtchev en 1956 sur les crimes de Staline) et fut pendant la presque totalit\u00e9 de sa vie politique maire et d\u00e9put\u00e9 de Montreuil-sous-bois.<\/p>\n<p>Dans son introduction, Duclos pr\u00e9sente son\u00a0 texte comme une commande de son \u00e9diteur faisant suite \u00e0 son ouvrage de 1964 sur la 1\u00e8re Internationale, mais le contexte dans lequel Jacques Duclos a \u00e9crit ce livre sur Bakounine n&rsquo;est \u00e9videmment pas anodin : Duclos a visiblement peu go\u00fbt\u00e9 de voir des drapeaux rouges et noirs dans les rues de Paris en mai et juin 1968 (\u00ab\u00a0confusion\u00a0\u00bb, g\u00e9mit-il p. 17) . Il s&rsquo;agit alors de s&rsquo;en prendre \u00e0 celui qu&rsquo;il consid\u00e8re comme la figure tut\u00e9laire de l&rsquo;anarchisme, qui conna\u00eet alors un net regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, en r\u00e9activant les attaques dont il avait fait l&rsquo;objet de la part de Marx et de son entourage, voire en en inventant d&rsquo;autres. On rel\u00e8vera en passant la part de projection qui est attenante \u00e0 une entreprise de ce genre, qui consiste \u00e0 plaquer sur l&rsquo;anarchisme un mod\u00e8le de relations entre ma\u00eetre et disciples qui est pr\u00e9cis\u00e9ment propre au marxisme. Or contrairement aux diff\u00e9rentes chapelles marxistes, les anarchistes ne consid\u00e8rent pas Bakounine comme un p\u00e8re-fondateur, et ne se divisent pas sur de grandes interpr\u00e9tations de sa suppos\u00e9e doctrine. Quoi qu&rsquo;il en soit, dans cette m\u00eame introduction, avec cet art consomm\u00e9 du mensonge plein d&rsquo;aplomb qui a fait tout le charme des staliniens, Duclos n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 ranger Bakounine parmi ces utopistes vers lesquels les \u00ab\u00a0id\u00e9ologues de la bourgeoisie \u00a0\u00bb attirent \u00ab\u00a0l&rsquo;attention des masses populaires [&#8230;] en vue de les d\u00e9tourner du socialisme de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (p. 8). On s&rsquo;en voudrait \u00e9galement de ne pas citer la fin de cette introduction, qui pourrait illustrer le r\u00f4le proprement pastoral que quelqu&rsquo;un comme Duclos accorde au PCF : \u00ab\u00a0certains \u00e9gar\u00e9s, suivant de mauvais bergers, peuvent encore se laisser s\u00e9duire par le r\u00e9volutionnarisme verbal\u00a0 inspir\u00e9 de Bakounine que propagent certains \u00e9l\u00e9ments, parmi lesquels des irresponsables, \u00e0 qui s&rsquo;ajoutent de toute \u00e9vidence des manipulateurs, eux-m\u00eames manipul\u00e9s\u00a0\u00bb (p. 16). Mais manipul\u00e9s par qui ? Des noms, des noms !<\/p>\n<p>Forc\u00e9ment, apr\u00e8s un tel d\u00e9marrage, on s&rsquo;attend \u00e0 quelque chose de grandiose, et l&rsquo;on n&rsquo;est pas d\u00e9\u00e7u car l&rsquo;ouvrage constitue une sorte de somme de tous les d\u00e9nigrements malhonn\u00eates qui ont pu \u00eatre colport\u00e9s sur le compte du r\u00e9volutionnaire russe, avec m\u00eame quelques \u00e9l\u00e9ments originaux. Le parcours de Bakounine jusqu&rsquo;\u00e0 son emprisonnement est retrac\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re pour le moins lacunaire (ainsi l&rsquo;activit\u00e9 jeune h\u00e9g\u00e9lienne de Bakounine n&rsquo;est pas m\u00eame mentionn\u00e9e) et des id\u00e9es fantaisistes (notamment sur son projet politique en 1848) lui sont pr\u00eat\u00e9es. Mais l&rsquo;un des morceaux de bravoure de l&rsquo;ouvrage, c&rsquo;est bien entendu la mani\u00e8re dont il rend compte de la <em>Confession<\/em>, que Bakounine adressa en 1851 au tsar depuis sa prison. Ce texte est lu comme \u00ab\u00a0le mis\u00e9rable reniement de son action militante\u00a0\u00bb (p. 41), que Duclos n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 opposer \u00e0 l&rsquo;attitude h\u00e9ro\u00efque du r\u00e9sistant communiste Gabriel P\u00e9ri pendant la seconde guerre mondiale. Ignorant, peut-\u00eatre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, une lettre de 1854 que Bakounine fit passer clandestinement \u00e0 sa s\u0153ur et dans laquelle il affirmait ne vouloir sortir de prison que pour recommencer ce qui l&rsquo;y avait men\u00e9, feignant \u00e9galement de prendre pour argent comptant les marques exag\u00e9r\u00e9es de repentir que le r\u00e9volutionnaire russe affecte pour obtenir son \u00e9largissement, Duclos lit ce texte comme une manifestation d&rsquo;avilissement et d&rsquo;abandon de toute dignit\u00e9 personnelle. Surtout, il sugg\u00e8re plus loin, avec \u00f4 combien de finesse, que finalement Bakounine n&rsquo;\u00e9tait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un agent du tsar, ce qui expliquerait pourquoi la police de ce dernier aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas le discr\u00e9diter en diffusant le texte de la <em>Confession<\/em>: \u00ab\u00a0cela conduit \u00e0 se poser \u00e0 ce sujet une question qui, si elle ne peut avoir de r\u00e9ponse pr\u00e9cise, laisse la porte ouverte \u00e0 de troublantes suppositions, mais on ne saurait aller plus loin&#8230;\u00a0\u00bb (p. 210). On notera l&rsquo;usage d&rsquo;un proc\u00e9d\u00e9 similaire lorsque la 4\u00e8me de couverture de l&rsquo;ouvrage qualifie de \u00ab\u00a0quelque peu myst\u00e9rieuse\u00a0\u00bb la mani\u00e8re dont Bakounine s&rsquo;est \u00e9vad\u00e9 de Sib\u00e9rie en 1861 &#8211; myst\u00e8re dont on ne trouve trace dans le reste du texte, mais qui pourrait bien sugg\u00e9rer que finalement, Bakounine a \u00e9t\u00e9 exfiltr\u00e9 vers l&rsquo;Europe comme un espion. Et alors tous se tiendrait puisque pour Duclos, les anarchistes (et les gauchistes en g\u00e9n\u00e9ral) sont toujours plus ou moins manipul\u00e9s par la police&#8230; (voir un passage d&rsquo;anthologie p. 317 \u00e0 ce sujet)<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me \u00e9pisode marquant dans cette reconstitution de l&rsquo;itin\u00e9raire politique de Bakounine, c&rsquo;est la mani\u00e8re dont Duclos rend compte des projets de Bakounine en 1870 : contre l&rsquo;\u00e9vidence m\u00eame des textes qu&rsquo;il cite, Duclos soutient que Bakounine pensait que le salut de la France passait par une alliance entre Gambetta et Thiers, alors m\u00eame que Bakounine n&rsquo;a cess\u00e9 de dire \u00e0 cette \u00e9poque que tout gouvernement bourgeois pr\u00e9f\u00e9rerait n\u00e9cessairement une victoire prussienne \u00e0 la mise en \u0153uvre les moyens r\u00e9volutionnaires n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9fense nationale (ce qui passait, selon lui, par la r\u00e9volution sociale). Le compte-rendu de l&rsquo;insurrection lyonnaise de septembre 1870 constitue le clou de cet \u00e9pisode : Duclos y reprend, bien \u00e9videmment, une partie des racontars sur l&rsquo;activit\u00e9 de Bakounine au cours de ces journ\u00e9es, <a href=\"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/bakounine-a-lyon-selon-marx-et-engels-401\/\">dont il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 question sur ce blog<\/a>, sans reprendre toutefois la fameuse image de Bakounine montant au balcon de l&rsquo;h\u00f4tel de ville pour proclamer l&rsquo;abolition de l\u2019\u00c9tat (ni signaler, cependant, les lettres de Marx o\u00f9 cette anecdote est invent\u00e9e). Mais il est vrai qu&rsquo;en 1974, des travaux d&rsquo;historiens comme Fernand Rude ou Arthur Lehning et son \u00e9quipe ne permettaient plus de raconter n&rsquo;importe quoi sur l&rsquo;insurrection lyonnaise de 1870.<\/p>\n<p>Cependant, la pr\u00e9sence de mat\u00e9riaux historiographiques consistants allant en sens contraire n&#8217;emp\u00eache pas Duclos de se livrer \u00e0 une validation int\u00e9grale de l&rsquo;acte d&rsquo;accusation r\u00e9dig\u00e9 par Marx, Engels et leurs amis apr\u00e8s l&rsquo;exclusion de Bakounine au congr\u00e8s de La Haye en 1872. Au risque de lasser, je vais prendre un exemple souvent \u00e9voqu\u00e9 sur ce blog, celui du <em>Cat\u00e9chisme du r\u00e9volutionnaire<\/em> de Netcha\u00efev. Comme tant d&rsquo;autres avant et apr\u00e8s lui, Duclos d\u00e9signe ce texte comme le <em>Cat\u00e9chisme r\u00e9volutionnaire<\/em>, entretenant ainsi la confusion avec plusieurs textes de Bakounine qui portent ce titre (et qui consistent en programmes politiques et en projets d&rsquo;organisation, et non en une description de l&rsquo;<em>ethos<\/em> du r\u00e9volutionnaire). C&rsquo;est sans doute ce qui lui permet de faire ce que personne d&rsquo;autre \u00e0 ma connaissance n&rsquo;a fait : attribuer au seul Bakounine la paternit\u00e9 du <em>Cat\u00e9chisme<\/em> de Netcha\u00efev, paternit\u00e9 dont il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 affirmer que Bakounine ne l&rsquo;a jamais reni\u00e9e, alors m\u00eame que celui-ci y fait une allusion tr\u00e8s critique dans sa longue lettre de rupture avec Netcha\u00efev de juin 1870. On pourrait encore ajouter la mani\u00e8re complaisante dont Duclos, lorsqu&rsquo;il \u00e9voque le conflit entre Marx et Bakounine (bien entendu r\u00e9duit \u00e0 sa dimension personnelle) s&rsquo;\u00e9tend sur la germanophobie et l&rsquo;antis\u00e9mitisme (av\u00e9r\u00e9s) de Bakounine, sans jamais mentionner la russophobie de Marx (d\u00e9j\u00e0 patente dans la mani\u00e8re dont lui et Engels rendent compte du mouvement des nationalit\u00e9s slaves lors du printemps des peuples de 1848), ou encore la mani\u00e8re fantaisiste dont il est rendu compte du congr\u00e8s de La Haye et de ses suites, mais je pense en avoir assez \u00e9crit pour vous donner envie de voler ce livre !<\/p>\n<p>Quelques mots pour conclure cependant sur ce qui fait la singularit\u00e9 de l&rsquo;ouvrage de Duclos dans l&rsquo;abondante litt\u00e9rature de d\u00e9nigrement de Bakounine. D&rsquo;une part, cet ouvrage a le m\u00e9rite de dire explicitement qu&rsquo;il s&rsquo;en prend \u00e0 Bakounine pour affaiblir l&rsquo;anarchisme &#8211; ce qui se fait au prix de g\u00e9n\u00e9alogies peu convaincantes, ainsi de celle qui fait, dans les derniers chapitres de l&rsquo;ouvrage, de l&rsquo;individualiste Albert Libertad un \u00e9pigone de Bakounine. D&rsquo;autre part, cet ouvrage constitue une curiosit\u00e9 par son caract\u00e8re relativement tardif : on l&rsquo;a vu, Duclos y est contraint de tenir compte, jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point, de travaux historiques r\u00e9cents, mais \u00e7a ne l&#8217;emp\u00eache pas de reconduire dans sa quasi int\u00e9gralit\u00e9 la vulgate marxiste (et en l&rsquo;occurrence stalinienne) sur l&rsquo;anarchisme en g\u00e9n\u00e9ral et Bakounine en particulier. On lit (et on \u00e9dite) encore Bakounine aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est plus le cas pour Duclos : ce billet r\u00e9pare une injustice !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une recherche de plusieurs ann\u00e9es sur un m\u00eame auteur (ou sur quelque sujet que ce soit, sans doute)\u00a0 entra\u00eene n\u00e9cessairement chez celui ou celle qui s&rsquo;y adonne, un certain nombre de dommages psychologiques collat\u00e9raux, qui vont de la monomanie \u00e0 la perversion pure et simple. Par exemple, lorsqu&rsquo;on travaille depuis plus de dix ans sur [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[94],"tags":[99,285,283,282,284],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/489"}],"collection":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=489"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/489\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":497,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/489\/revisions\/497"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=489"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=489"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/atelierdecreationlibertaire.com\/blogs1\/bakounine\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=489"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}