Bakounine et les ovalistes lyonnaises: une question de René Berthier à la cantonade

ovalis-370e3J’ai reçu le message ci-dessous de René Berthier qui me demande de le faire passer via ce blog. Il est question de la manière dont Bakounine a pu être désigné comme représentant des ouvrières ovalistes lyonnaise au congrès de Bâle de l’Internationale en 1869. Si vous avez des éléments de réponse à fournir à René, n’hésitez pas à les laisser en commentaire de ce billet. Pour ma part, j’incline à penser (préalablement à toute recherche sur la question) que ce sont les amis de Bakounine à Lyon qui l’ont fait désigner comme représentant de ces ouvrières. C’est notamment la personnalité d’Albert Richard qui me fait songer à cela (mais mon appréciation de cette personnalité est orientée par ce que je sais de son parcours ultérieur, peu glorieux). En effet, Albert Richard ne répugnait pas aux manœuvres qui sont habituellement le lot des parlements et des organisations politiques qui aspirent à y figurer. Ci-contre, la couverture de l’ouvrage que Claire Auzias et Annik Houel ont consacré à la grève des ovalistes de 1869 (Payot, 1982).

Salut à vous
Je lance une sorte de SOS à la cantonade.
En marge d’un travail que je suis en train de faire, j’ai été amené à m’intéresser à Philomène Rozan et aux ovalistes de Lyon.
Philomène Rozan fut une des ovalistes de Lyon qui se mirent en grève en le 21 juin 1869 pour réclamer un salaire de 2 francs par jour au lieu de 1F50, et la journée de 11 heures.
Elles reçoivent le soutien de la section lyonnaise de l’Internationale qui les aide à constituer un comité de grève. Une collecte de soutien est organisée, des fonds sont récoltés en France, en Belgique, en Angleterre, en Suisse… Les ovalistes tinrent ainsi un mois, répandant la grève dans d’autres ateliers. Elles organisèrent des bureaux de secours, allèrent dans la rue, les cafés. Au bout d’un mois, elles demandèrent d’adhérer à l’AIT. Le 13 juillet, une lettre de Lyon annonce au Conseil général de l’Internationale l’adhésion des ovalistes
C’est sur l’interprétation des faits que je demande vos lumières.
Le Conseil général de l’AIT proposa que Philomène Rozan reçoive un mandat pour participer au congrès de Bâle de l’AIT, mais elle ne se rendit pas au congrès. A partir de là, on a des interprétations qui me paraissent fantaisistes.
L’absence de Philomène Rozan au congrès de Bâle trouve dans des textes marxophiles des explications curieuses et contradictoires.
• Pour certains, c’est la faute de Proudhon :
« Marx accepta (sic) de faire d’une des meneuses, Philomène Rozan, une déléguée au Congrès de Bâle. Proudhon (évidemment) s’y opposa. » (VOIR : http://gw2.geneanet.org/janieplantevin?lang=es&m=NOTES )
On trouve cette interprétation sur plusieurs sites : voir également : http://fr.dbpedia.org/page/Ovalistes
Dans cette simple phrase, il y a deux erreurs, significatives. D’une part Marx n’avait pas le pouvoir d’« autoriser » (sic) les ovalistes à adhérer. La lettre du 13 juillet annonce simplement qu’elles ont adhéré, point barre. Ensuite il y a peu de chances que Proudhon se soit opposé à la candidature de Philomène Rozan, puisqu’il était mort depuis plusieurs années …
• Pour d’autres, c’était la faute de Bakounine :
« Philomène présidente de la commission des ouvriers et ouvrières ovalistes, pourtant choisie (sic) par Marx pour participer au congrès de l’Internationale à Bâle, n’ira pas à Bâle, suite à une manœuvre de l’anarchiste russe Michel Bakounine qui sera proclamé représentant des ovalistes ! »
(VOIR : http://www.archives-lyon.fr/static/archives/contenu/expositions/panneaufemmesdef.pdf )
Concernant Bakounine, ce genre de manœuvre ne colle pas avec le personnage, mais c’est peut-être là l’illustration de ma partialité pro-Bakounine. Cependant, on voit mal pourquoi il aurait « manœuvré » pour avoir le mandat des ovalistes dans la mesure où il avait aussi celui des mécaniciens de Naples : il avait donc déjà accès au congrès en tant que délégué.
Il y a peut-être une explication, qui se trouve dans être dans un récent livre de Mathieu Léonard, L’émancipation des travailleurs (La Fabrique) :
«… les responsables de la section lyonnaise, Palix et Richard, préfèrent garder les mandats de la délégation des ovalistes pour eux-mêmes, ainsi que pour leur ami Bakounine, qui semble croire sincèrement que les demoiselles ovalistes l’ont expressément désigné pour les représenter. Les ovalistes n’iront pas à Bâle et retournent à l’anonymat. »
Et Léonard, citant Auzias et Houel, conclut que le sentiment s’impose d’un « rendez-vous manqué entre le mouvement ouvrier et le mouvement féministe ».
Je connais suffisamment Claire Auzias pour dire que si Bakounine avait « manœuvré », elle n’aurait pas manqué de le dire haut et fort.
Est-ce que quelqu’un aurait des lumières sur cette grave question ?
René
PS. J’ai pas l’impression que les biographies de Philomène Rozan courent les rues…

4 réponses à to “Bakounine et les ovalistes lyonnaises: une question de René Berthier à la cantonade”

  • Léonard says:

    Bonjour,
    On m’a signalé cette recherche (j’ignorais qu’il s’agissait de René Berthier) sur les forums anarchistes et j’avais préparé quelques éléments de réponse. Etant assidu de votre site, je me permets de vous les poster ici. J’ai vu que sur un Forum anarchiste, Claire Auzias avait apporté une contribution avec laquelle je suis globalement d’accord hormis la mention évoquée un peu après.

    “Peu de choses à ma connaissance sur Philomène Rozan.
    Dans le Maitron on lit :
    “ROZAN Philomène.FemmesPrésidente de la Commission pour la grève des ovalistes de Lyon, elle déclara le 6 juillet 1869, en son nom et au nom de huit mille membres qui composaient la corporation, adhérer à l’Association Internationale des Travailleurs (Testut, L’Internationale, pp. 69 à 72). Voir Bathier C. Au cours de la séance du 10 août 1869 du Conseil général de l’AIT, Marx, soutenu par Jung, proposa que tous pouvoirs soient donnés à Ph. Rozan pour organiser la corporation. La proposition fut acceptée.”

    Dans The First International and the Lyon Revolutionary Movement, 1864-1871, Julien P. W. Archer note à propos du mandat de Bakounine : « The appointment obviously was arranged by Richard, Lyon was able to send four other delegates. »
    Michel Cordillot note dans sa biographie de Varlin, Eugène Varlin: Chronique d’un espoir assassiné que « Michel Bakounine, grâce à la connivence d’Albert Richard, a reçu le mandat hautement symbolique des ovalistes lyonnaises. », p.141.
    Il faudrait consulter le livre de Maurice Moissonier, La Premiere Internationale et La Commune À Lyon, Messidor, 1972, qui apporte sûrement des élements sur le sujet mais que je n’ai pas sous la main.
    Alors Albert Richard a-t-il réellement « capté » les mandats des ovalistes en faveur de Bakounine, à qui il voue une grande admiration ? Et Bakounine en a-t-il été informé ? Je crois me souvenir qu’il existe, (je n’ai pas retrouvé la source donc à confirmer) un message de Bakounine envoyé à ses correspondants lyonnais (Richard ou Palix ?), pour remercier les ovalistes du mandat qu’il pense qu’elles lui ont fourni, ce qui laisse entendre qu’il n’a pas œuvré lui-même pour se l’accaparer.
    Par ailleurs, l’historien Marc Vuilleumier s’étonne du fait que Bakounine hérite de deux mandats, l’un de l’Association des ouvrières ovalistes de Lyon, l’autre de la Section des mécaniciens de Naples, alors qu’il est lui-même résidant de Genève et qu’il aurait pu bénéficier d’un mandat de l’Alliance genevoise qu’il a fondé et qui a été admise dans l’AIT le 29 mars 1869.
    Ce qui est certain c’est que la préparation du Congrès de Bâle est l’objet pour Bakounine et les membres de l’Alliance (secrète celle-là !) d’une chasse au mandat pour contrer l’influence des socialistes allemands.
    Le 29 juillet, Bakounine écrit à Albert Richard : « J’ai écrit absolument à tous nos amis, partout, pour leur donner rendez-vous le 6 septembre. Tâchez de venir en nombre. Car les Allemands se remuent beaucoup et je crains qu’ils n’apportent beaucoup de doctrinarisme et de socialisme bourgeois au congrès de Bâle. »
    Idem, le 20 juillet, lettre à Gambuzzi, l’ami de sa femme à Naples : « Il est important qu’il vienne autant d’Italiens que possible, et tous des bons, des nôtres. »

    Claire Auzias écrit : « Marx propose qu’une femme soit déléguée à Bâle car, raconte Benoît Malon, “Comme les proudhoniens sont antiféministes et misogynes, ils se retireront de facto s’il y a une femme.” « C’est Benoit Malon qui raconte le coup dans une de ses lettres. Marx avait proposé une femme comme déléguée pour le congrès de Bâle de l’AIT, afin évincer les proudhoniens car il ne connaît aucune femme en particulier et sûrement pas ladite Philomène, et il s’en tape comme de l’an quarante. »

    En fait, je crois que Claire confond deux choses.
    Benoît Malon, indépendamment de Marx – dont il connaissait alors à peine les idées et l’existence à ce moment précis – suggère lui-même à Richard dans une lettre de déléguer une ovaliste à Bâle afin « d’avoir un débat solennel sur l’égalité de la femme » et mettre les proudhoniens mysogine au pied du mur. Si Malon veut faire fuir les proudhoniens du congrès de Bâle, ce n’est pas parce qu’il est pas un agent de Marx ou qu’il épouse ses vues (Malon écrira dans le Bulletin de la fédération jurassienne contre Marx), mais parce qu’il est en conflit avec les anciens de la section parisienne (première commission) de l’AIT, ces « proudhoniens étroits » (Varlin) comme Tolain ou Fribourg, dont l’influence a été déjà battue en brêche au Congrès de Bruxelles l’année d’avant. Tolain viendra quand même au Congrès de Bâle muni d’un mandat d’une section de boulangers marseillais, de tendance …collectiviste !, alors qu’il est lui-même farouchement anticollectiviste. Il vient aussi comme correspondant du journal Le Figaro, qui n’est pas précisément un organe prolétarien, mais on sait qu’à l’époque Tolain a déjà « troqué la blouse contre la redingote » (Vallès).

    Quant à Marx, sans vouloir polémiquer sur ses intentions réelles ou supposées dans le cas des ovalistes, on sait qu’il cherche certes à combattre l’influence des proudhoniens, mais on peut penser qu’à cette date, les propres contradictions des “proudhoniens étroits” ont plus joué contre eux que les manoeuvres de Marx.
    Quant à la question des femmes, on peut partielement juger de ses convictions (blague de mauvais goût mise à part) dans un courrier adressé à Kugelmann de décembre 1868 :
    « […] le dernier congrès de l’American Labor Union marque un très grand progrès, en ce sens notamment que les travailleuses y ont été traitées sur un pied d’égalité absolue, tandis qu’à ce point de vue on peut reprocher aux Anglais et plus encore aux galants Français une grande étroitesse d’esprit. Quiconque sait un peu d’histoire n’ignore pas que de grands bouleversements sociaux sont impossibles sans le ferment féminin. Le progrès social se mesure exactement à la position sociale du beau sexe (les laides comprises). »

    Une chose encore, Richard, même si on le soupçonne d’avoir favorisé la venue de Bakounine plutôt que celle des demoiselles ovalistes au Congrès de Bâle, s’est acquitté de son mandat vis-à-vis d’elles en présentant un Rapport sur la corporation des ovalistes de Lyon.
    Il n’en reste pas moins que l’absence de ces ouvrières au Congrès est hautement déplorable, tant elle aurait marqué d’une pierre blanche l’histoire du mouvement ouvrier et du féminisme.

  • Mathieu Léonard says:

    Quelques éléments de réponse…

    Sur Philomène Rozan, dans le Maitron on lit :
    « ROZAN Philomène.FemmesPrésidente de la Commission pour la grève des ovalistes de Lyon, elle déclara le 6 juillet 1869, en son nom et au nom de huit mille membres qui composaient la corporation, adhérer à l’Association Internationale des Travailleurs (Testut, L’Internationale, pp. 69 à 72). Voir Bathier C. Au cours de la séance du 10 août 1869 du Conseil général de l’AIT, Marx, soutenu par Jung, proposa que tous pouvoirs soient donnés à Ph. Rozan pour organiser la corporation. La proposition fut acceptée. »

    Dans The First International and the Lyon Revolutionary Movement, 1864-1871, Julien P. W. Archer note à propos du mandat de Bakounine : « The appointment obviously was arranged by Richard, Lyon was able to send four other delegates. »

    Michel Cordillot note dans sa biographie de Varlin, Eugène Varlin: Chronique d’un espoir assassiné, que « Michel Bakounine, grâce à la connivence d’Albert Richard, a reçu le mandat hautement symbolique des ovalistes lyonnaises. », p.141.

    Il faudrait consulter le livre de Maurice Moissonier, La Première Internationale et La Commune À Lyon, Messidor, 1972, qui apporte sûrement des éléments sur le sujet mais que je n’ai pas sous la main.

    Alors, Albert Richard a-t-il réellement « capté » les mandats des ovalistes en faveur de Bakounine, à qui il voue une grande admiration ? Et Bakounine en a-t-il été informé ?
    Il existe, il me semble, je n’ai pas retrouvé la source, un témoignage de Bakounine envoyé aux Lyonnais (Palix, Richard?), pour remercier les ovalistes du mandat que lui est confié, ce qui laisse entendre qu’il n’a pas manœuvré lui-même pour se l’accaparer.

    Pour sa part, l’historien Marc Vuilleumier s’étonne du fait que Bakounine hérite de deux mandats, l’un de l’Association des ouvrières ovalistes de Lyon, l’autre de la Section des mécaniciens de Naples, alors qu’il est lui-même résidant de Genève et qu’il aurait pu bénéficier d’un mandat de l’Alliance genevoise qu’il a fondé et qui a été admise dans l’AIT le 29 mars 1869.
    Ce qui est certain c’est que la préparation du Congrès de Bâle est l’objet pour Bakounine et ses partisans d’une chasse au mandat pour contrer l’influence des socialistes allemands.
    Le 29 juillet, il écrit à Albert Richard : « J’ai écrit absolument à tous nos amis, partout, pour leur donner rendez-vous le 6 septembre. Tâchez de venir en nombre. Car les Allemands se remuent beaucoup et je crains qu’ils n’apportent beaucoup de doctrinarisme et de socialisme bourgeois au congrès de Bâle. »
    Idem, le 20 juillet, à Gambuzzi, l’ami de sa femme à Naples : « Il est important qu’il vienne autant d’Italiens que possible, et tous des bons, des nôtres. »

    Claire Auzias écrit : Marx propose qu’une femme soit déléguée à Bâle car, raconte Benoît Malon, “Comme les proudhoniens sont antiféministes et misogynes, ils se retireront de facto s’il y a une femme.” « C’est Benoit Malon qui raconte le coup dans une de ses lettres. Marx avait proposé une femme comme déléguée pour le congrès de Bâle de l’AIT, afin évincer les proudhoniens car il ne connaît aucune femme en particulier et sûrement pas ladite Philomène, et il s’en tape comme de l’an quarante. »

    Je pense qu’ici Claire confond deux choses (pourtant dans son livre cela apparaît plus clairement).
    Malon, sensibilisé à la question féminine, grâce à André Léo sa compagne, agit indépendamment de Marx en écrivant à Richard qu’il faudrait une déléguée ovaliste dans la délégation lyonnaise : « ce serait l’occasion d’un débat solennel sur l’égalité de la femme afin de provoquer d’entrée de jeu un conflit salutaire avec les proudhoniens, car, pense-t-il, « ils ne manqueront pas de déclarer qu’ils refusent de prendre part au congrès. » Malon n’est pas pour autant un agent de Marx dont il connaissait alors à peine les idées, voire l’existence. Par-contre, Malon, est en bisbille avec les anciens de la section parisienne (première commission) de l’AIT, ces « proudhoniens étroits » (comme les nomment Varlin) type Tolain ou Fribourg, dont l’influence a été déjà battue en brêche au Congrès de Bruxelles l’année d’avant. Tolain viendra quand même au Congrès de Bâle muni d’un mandat d’une section de boulangers marseillais, de tendance …collectiviste !, alors qu’il est lui-même farouchement anticollectiviste. Il vient aussi comme correspondant du journal Le Figaro, qui n’est pas précisément un organe prolétarien, mais on sait qu’à l’époque Tolain a déjà « troqué la blouse contre la redingote » (Vallès). Cette animosité est un aspect qui a trait au conflit interne à l’AIT française, entre proudhoniens « première formule » et collectivistes anti-autoritaires, conflit qui ne se mesure pas à l’implication ou l’allégeance à Marx.

    Quant à Marx, sans vouloir polémiquer sur ses intentions réelles ou supposées dans le cas des ovalistes, on sait bien sûr qu’il cherche à contrer l’influence des proudhoniens, même de sont si les propres contradictions de ces proudhoniens étroits ont plus agi contre eux que les manigances lointaines de Marx. Par ailleurs, peut juger de ses convictions (blague de mauvais goût mise à part) sur la cause des femmes dans un courrier adressé à Kugelmann de décembre 1868 :

    « […] le dernier congrès de l’American Labor Union marque un très grand progrès, en ce sens notamment que les travailleuses y ont été traitées sur un pied d’égalité absolue, tandis qu’à ce point de vue on peut reprocher aux Anglais et plus encore aux galants Français une grande étroitesse d’esprit. Quiconque sait un peu d’histoire n’ignore pas que de grands bouleversements sociaux sont impossibles sans le ferment féminin. Le progrès social se mesure exactement à la position sociale du beau sexe (les laides comprises). »

    Une chose encore, Richard (je ne cherche ici pas à le dédouaner), même si on le soupçonne d’avoir favorisé la venue de Bakounine plutôt que celle des demoiselles ovalistes au Congrès de Bâle, s’est acquitté de son mandat vis-à-vis des d’elles en présentant un Rapport sur la corporation des ovalistes de Lyon, mais qui ne fera pas beaucoup avancer la reconnaissance de l’égalité entre les sexes.
    Mais l’absence de ces ouvrières au Congrès reste significatif des lacunes déplorables du mouvement ouvrier à l’époque. Leur présence aurait marqué d’une pierre blanche l’histoire du mouvement ouvrier et du féminisme.

  • René says:

    Merci de transmettre ma demande de renseignements.
    Depuis, il y a eu du nouveau.
    En effet, j’ai lancé un SOS sur le « Forum anarchiste » et j’y ai transmis les interventions de Claire Auzias, l’autrice du livre ci-dessus mentionné, et d’Hervé Trinquier, des éditions Tops qui réédite Proudhon.
    Il y a eu un échange très intéressant, que je ne reproduis pas ici, c’est pas utile.
    Si vous êtes intéressés, allez sur

    http://forum.anarchiste.free.fr/viewtopic.php?f=5&t=8669

    Il y a eu des éclaircissements très intéressants.
    Amicalement
    René

  • Léonard says:

    Je vous conseille aussi a lecture du livre de Antje Schrupp: Virgine Barbet, Une Lyonnaise dans l’Internationale (Atelier de création libertaire, 2009). Un aspect et une personnalité méconnue de cette histoire.

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Comme tant de personnages intéressants, mais aussi comme l'anarchisme, dont il est considéré à raison comme l'un des fondateurs modernes, le révolutionnaire russe Michel Bakounine (1814-1876) a mauvaise réputation : apôtre de la violence, faible théoricien, radicalement extérieur au champ intellectuel européen, on ne compte plus les griefs qui lui sont adressés.
Toute une partie de ce blog consistera d'abord à corriger cette image, erronée non seulement parce qu'elle consiste à projeter sur la personne de Bakounine les fantasmes construits à propos de l'ensemble du mouvement anarchiste, mais aussi parce que Bakounine n'est pas seulement l'un des premiers théoriciens de l'anarchisme. En consacrant ce blog à Bakounine, nous entendons ainsi présenter toutes les facettes de sa pensée et de sa biographie, depuis les considérations familiales de ses premières années jusqu'aux développements théoriques anarchistes des dernières, en passant par son inscription momentanée dans la gauche hégélienne et par son panslavisme révolutionnaire. Nous nous permettrons également quelques excursus, dans la mesure où ils pourront contribuer à éclairer la biographie et la pensée de notre cher Michka ! Le tout sera fonction des envies, de l'actualité, des réactions de lecteurs, et contiendra autant que possible de la documentation sous forme d'images et de textes.
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