Retour sur une émission

L’émission des Chemins de la philosophie consacrée à Bakounine hier, et dans laquelle j’étais invité, peut être réécoutée en suivant ce lien.  J’en profite pour remercier toute l’équipe de l’émission, et particulièrement Géraldine Mosna-Savoye (qui œuvrait au micro) et Anaïs Ysebaert (qui a aidé à sa préparation en amont), car le travail qu’elles ont accompli de fréquentation de la pensée de Bakounine n’est finalement pas si fréquent. Bien entendu, en 50 minutes, on ne peut pas tout dire, et je profite de ce billet pour fournir quelques compléments aux personnes que ça intéresserait. Et comme j’ai l’esprit de l’escalier, même sur des sujets que je connais bien, j’ai tendance à ne penser qu’après-coup à ce que j’aurais pu ou dû dire au micro… Ce billet est donc aussi l’occasion de quelques éléments d’auto-critique! Lire la suite de cette entrée »

Bakounine sur France Culture

Ce jeudi 7 novembre, à 10h, je suis invité sur France Culture, dans le cadre de l’émission « Les nouveaux chemins de la philosophie « à venir parler de Bakounine, dans le cadre d’une série de quatre émissions consacrées à la philosophie russe – les trois précédentes ont porté sur Lénine, sur Chestov et sur Tolstoï. L’émission sera présentée par Géraldine Mosna-Savoye. Pour avoir un aperçu de la série en question, et aussi réécouter les précédentes émissions, on peut se reporter au site de la radio, sur lequel ne figure cependant pas à ce jour la mention de celle qui sera consacrée à Bakounine.

À moins donc qu’on ne m’ait préparé une farce, ce sera l’occasion pour moi d’aborder, à travers la figure de Bakounine, la question de la pénétration de la philosophie allemande en Russie au début du XIXe siècle, l’inscription compliquée de Bakounine dans le champ de la philosophie, son rapport à des auteurs comme Hegel, Comte ou Marx, et bien entendu que sa philosophie de la liberté.
Et si, pour une raison absolument inexplicable, vous ne pouviez pas écouter l’émission en direct, il vous est possible de l’écouter après coup en podcast.
À vos postes à galène (dont on sait qu’ils sont aussi des récepteurs à cristal) et autres transistors !

Réédition des Principes et organisation de la Société révolutionnaire internationale

Je l’ai appris incidemment par la personne qui s’occupe de la veille éditoriale au sein de mon laboratoire de recherche : les Éditions l’Escalier ont réédité au printemps dernier l’édition que j’avais concoctée voici 6 ans pour les éditions du Chat Ivre du Catéchisme révolutionnaire et du texte d’organisation de la société secrète dont ledit Catéchisme énonçait les principes, édition dont la parution avait été annoncée, puis évoquée un peu plus longuement sur ce blog. À vrai dire, ce changement d’éditeur n’en est qu’en partie un puisque ce sont ces mêmes Éditions l’Escalier qui avaient pris la suite de celles du Chat Ivre après leur disparition au printemps 2014. Lire la suite de cette entrée »

Dix ans déjà !

Je viens seulement de m’en rendre compte, mais il semblerait qu’en juin dernier, ce blog ait fêté – ou plutôt oublié de fêter – ses dix ans. Tout avait commencé avec la publication au printemps 2009 par l’Atelier de création libertaire de La liberté des peuples. Bakounine et les révolutions de 1848. Alors pour l’occasion, un peu de statistiques, et aussi de la musique… Lire la suite de cette entrée »

Deux textes de Gustav Landauer sur Bakounine

Voici deux textes de l’anarchiste allemand Gustav Landauer (1870-1919), traduits par mes soins et consacrés à Bakounine. Je les publie en ce 2 mai 2019 à l’occasion du centenaire de l’assassinat de cet auteur par des membres des corps-francs envoyés par le gouvernement de Berlin pour mater les troubles révolutionnaires en Bavière, troubles dans lesquels Landauer avait été impliqué – il fut même pendant quelques jours commissaire à l’éducation de l’éphémère République des Conseils de Bavière. J’en profite pour signaler deux éléments d’actualité à propos de Landauer. D’une part, du 6 au 8 juin, à l’École Normale Supérieure de Lyon se tiendra un colloque international intitulé « Actualité de Gustav Landauer (1870-1919), philosophe et révolutionnaire », organisé par Anatole Lucet et moi-même. On peut trouver le programme ici. D’autre part, au mois d’octobre, paraîtra à La Lenteur notre traduction de l’Appel au socialisme du même Landauer. Lire la suite de cette entrée »

Bakounine jeune hégélien, le retour

Lundi 18 février 2019, avec ma camarade et néanmoins collègue Pauline Clochec (qui, elle, parlera des jeunes hégélianismes de Marx, auquel elle a consacré une thèse monumentale), je suis invité à l’Université Paris 8 pour y parler de Bakounine comme jeune hégélien. Cette intervention constituera la première séance du séminaire « Hegel après Hegel » organisé par Paul Guillibert, Frédéric Monferrand, Matthieu Renault et Jean-Baptiste Vuillerod. Ce sera l’occasion pour moi de revenir (à tous les sens du terme: y revenir, mais sans doute aussi préciser et corriger) sur ce que j’ai pu écrire à ce sujet il y a assez longtemps déjà dans Bakounine jeune hégélien. La philosophie et son dehors (ENS Éditions, 2007).

Le contenu de ce livre, qui consistait en un remaniement d’un chapitre de ma thèse, a pour l’essentiel été élaboré en 2001 lorsque j’ai commencé à faire de Bakounine l’objet de mes recherches en philosophie (même si c’était une vieille connaissance par ailleurs!). Autant dire que c’est de la vieille ouvrage, et qu’entre temps, ma connaissance du contexte intellectuel qui a présidé à l’écriture des textes jeunes hégéliens de Bakounine (pour l’essentiel les deux articles de 1842 et 1843 « La Réaction en Allemagne » et » Le Communisme ») a considérablement progressé. Lire la suite de cette entrée »

Bakounine et les sociétés secrètes au CIRA de Lausanne le 19 février 2019

Le 19 février prochain, à partir de 19h, je participerai au Centre International de Recherche sur l’Anarchisme (CIRA) de Lausanne à une présentation du numéro 41 de la revue Réfractions, qui a pour titre « Discrets, secrets, clandestins». Ce numéro porte d’une manière générale sur les pratiques qui cherchent à échapper au regard public, et par conséquent aussi aux injonctions contemporaines à la transparence, que ce soit du côté du pouvoir (secrets et mesures discrétionnaires de l’État ou du complexe militaro-industriel, par exemple, mais aussi opacité des plateformes numériques) ou du côté de ceux qui le contestent (refus des injonctions à la transparence, pratiques de discrétion, etc.). On trouvera ici le sommaire de ce numéro. Lire la suite de cette entrée »

Colifichets bakouniniens (9) : encore un tee-shirt !

La filière italo-russe a encore frappé, et me voici nanti d’un quatrième tee-shirt Bakounine, où la tête de notre grand-père préféré ressort en rouge sur fond noir. Cette fois, l’auteur du méfait n’est autre que Giulio Spiazzi, rencontré il y a quatre ans à Priamoukhino à l’occasion de la conférence internationale pour le bicentenaire de la naissance de Bakounine. Et son messager est à nouveau Misha Tsovma, qui me l’a offert à l’occasion de la nouvelle année.

Un grand merci aux deux!

Pour les inscriptions: on trouve le prénom et le nom de Bakounine en alphabet cyrillique, avec ses dates de naissance et de décès, ainsi que la mention : « LiberAutonomia », dont une rapide recherche vous apprendra que cela désigne quelque chose qui se passe à Vérone, en Vénitie – mais qui était surtout le nom du site Internet de Giulio, consacré à des expériences de pédagogie libertaire, site qui ne semble plus exister aujourd’hui.

Camus et Bakounine

J’ai eu récemment à rendre compte, pour le numéro 859 (2018/12) de la revue Critique (qui sort en librairie aujourd’hui même) de la réédition d’un livre qui avait initialement paru chez les défuntes Éditions Égrégore sous le titre  Camus et les libertaires, et qui s’intitule désormais Écrits libertaires, par Albert Camus, et Maurice Joyeux, Louis Lecoin, Gaston Leval, Rirette Maîtrejean, Jean-Paul Samson… (Montpellier, Indigènes Éditions, 2013, et 2016 pour cette nouvelle édition). Il y a peut-être quelque chose de discutable à attribuer principalement à Albert Camus (moyennant, sur la couverture, une plus grande police de caractères) ces « écrits libertaires », rassemblés et présentés par l’anarchiste allemand d’expression française Lou Marin. J’y reviendrai plus loin, dans la mesure où le rapport précis de Camus à Bakounine pourrait permettre d’éclairer plus généralement l’attribution à Camus d’écrits libertaires. Quoi qu’il en soit, ce fut pour moi l’occasion de me (re)plonger dans un aspect de la réception de Bakounine que je n’avais guère eu l’occasion d’évoquer jusqu’alors : celle qu’on trouve chez Albert Camus, notamment dans L’Homme révolté. Et comme ce n’était pas vraiment l’objet de mon papier pour Critique, je vais rendre compte de cet aspect bien délimité du rapport de Camus à l’anarchisme ici − sans exclure que les quelques pages où Camus mentionne Bakounine soient significatives d’un rapport plus général à l’anarchisme. Lire la suite de cette entrée »

Bakounine et la musique : une parution récente

En septembre 2017, la chose m’avait échappé (encore merci Marianne !), a paru un petit livre de Jannis Mallouchos, en allemand, consacré au rapport de Bakounine à la musique. Son titre : Der Gesang der Okeaniden. Michail Bakunin und die Musik (Vienne, Bahoe Books, 2017, 120p., ISBN 978-3-903022-66-9). On pourrait douter qu’il y ait là matière à un livre, mais de fait, en lisant la présentation sur le site de l’éditeur (cf. traduction ci-dessous), il y a en effet bon nombre d’éléments, notamment du côté de la biographie du révolutionnaire russe, qui fut ami avec plusieurs musiciens et dont les conceptions en la matière ont été rapportées par certains d’entre eux. J’ai déjà évoqué sur ce blog la plus célèbre de ces rencontres, avec Richard Wagner à Dresde au printemps 1849 – ce même Wagner qui a livré quelques aperçus sur les goûts musicaux de Michel. Bref, en attendant une éventuelle lecture et recension plus développée de l’ouvrage, voici sa présentation. Lire la suite de cette entrée »

Comme tant de personnages intéressants, mais aussi comme l'anarchisme, dont il est considéré à raison comme l'un des fondateurs modernes, le révolutionnaire russe Michel Bakounine (1814-1876) a mauvaise réputation : apôtre de la violence, faible théoricien, radicalement extérieur au champ intellectuel européen, on ne compte plus les griefs qui lui sont adressés.
Toute une partie de ce blog consistera d'abord à corriger cette image, erronée non seulement parce qu'elle consiste à projeter sur la personne de Bakounine les fantasmes construits à propos de l'ensemble du mouvement anarchiste, mais aussi parce que Bakounine n'est pas seulement l'un des premiers théoriciens de l'anarchisme. En consacrant ce blog à Bakounine, nous entendons ainsi présenter toutes les facettes de sa pensée et de sa biographie, depuis les considérations familiales de ses premières années jusqu'aux développements théoriques anarchistes des dernières, en passant par son inscription momentanée dans la gauche hégélienne et par son panslavisme révolutionnaire. Nous nous permettrons également quelques excursus, dans la mesure où ils pourront contribuer à éclairer la biographie et la pensée de notre cher Michka ! Le tout sera fonction des envies, de l'actualité, des réactions de lecteurs, et contiendra autant que possible de la documentation sous forme d'images et de textes.
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