Posts Tagged ‘Gigi Damiani’

Ad una prostituta A une prostituée Gigi Damiani 1899

Gigi Damiani a vingt-trois ans lorsqu’il compose le poème Ad una prostituta « À une prostituée », dans lequel on prend déjà la mesure de la façon dont il conçoit sa poésie. Chez lui, pas de sentimentalisme ni d’émotions gratuites, pas d’amour aveugle pour le « peuple » qui ne mérite que le mépris quand il est lui-même méprisant envers ceux qui sont différents, parce qu’ils professent d’autres idées ou qu’ils ne respectent pas les règles Lire la suite de ce billet »

Amedeo Bertolo, entre intimité et internationalisme

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Par les hasards de la vie, j’ai rencontré Amedeo Bertolo plusieurs fois en dehors du contexte de l’anarchisme, la première par le biais d’une amie brésilienne qui connaissait quelqu’un… qui connaissait Amedeo. C’était justement au moment où je me rendais pour mes recherches au Centre Pinelli de Milan, sans savoir qu’il en était le fondateur. Bien plus tard, toujours en dehors du contexte de l’anarchisme, ce fut par le biais d’une collègue qui connaissait quelqu’un… qui connaissait Amedeo. Entre les deux occasions, j’avais approché de très près Amedeo en traduisant, pour l’Atelier de création libertaire, son entretien avec Mimmo Pucciarelli. J’ai beaucoup aimé la  personne que je découvrais au fil du texte et j’ai été touchée de savoir, indirectement, qu’Amedeo avait apprécié la traduction. Alors que nous aurions eu quelques (rares) occasions, à Milan ou à Florence, d’en parler ensemble, cela n’a pas été le cas et je ne peux que regretter maintenant que timidité et pudeur m’aient fait manquer cet échange.
Je ne sais pas dans quelle mesure les anarchistes français, qui n’auraient pas de lien avec l’Italie, connaissent Amedeo Bertolo. En lisant ses propos, recueillis par Mimmo Pucciarelli, ils pourront re-découvrir tout un pan de l’histoire de l’anarchisme en Italie et en Europe dont il  a été un moteur depuis la fin des années cinquante.

«Eloge du cidre», L’anarchisme en personnes. Récits de vie et anarchie, Lyon, Atelier de création libertaire, 2006. Voir ici pour télécharger le texte de l’entretien ou ici pour le lire en ligne. Voir ici comment se procurer l’ouvrage.

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Elisa. À l’ombre des anarchistes italiens en exil

Le Roman d'Elisa couvertureUn livre m’est arrivé il y a quelque temps, Le Roman d’Elisa, que m’envoyaient ses auteures, deux cousines désireuses de rendre hommage à leur grand-mère, qui avait été la compagne d’anarchistes italiens en exil et qui avait elle-même connu l’expérience de l’émigration. Par ces quelques lignes, je rends à mon tour hommage à Elisa, que je ne connais qu’à travers le récit de sa vie patiemment reconstruit par ses petites-filles, Laurence et Nathalie, grâce à des photographies, des documents familiaux et personnels, des entretiens avec des proches de deux côté des Alpes, des documents d’archives, des livres d’histoire, etc. À travers Elisa, l’hommage est aussi rendu aux femmes qui n’entreront jamais dans aucun dictionnaire biographique parce qu’au regard de l’Histoire, elles n’ont pas eu un rôle de premier plan, mais ont seulement été compagne de…, mère des enfants de…, cuisinières, infirmières, amantes et maîtresses de…, parfois aussi victimes de violences et de machisme. Autrement dit, rien qui ne mérite de passer à la postérité.

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De la production littéraire des anarchistes italiens

Poésie d'un rebelleLa production littéraire des anarchistes italiens est un aspect souvent négligé de la production écrite des anarchistes italiens et est plus importante qu’on pourrait le penser. Parmi les auteurs de nouvelles, pièces de théâtre, saynètes, poésies, etc., on retrouve les plus grands noms de l’anarchisme italien : Pietro Gori, le plus connu, Camillo Berneri, Felice Vezzani, Gigi Damiani et aussi Errico Malatesta, etc. Certains n’avaient pas eux-mêmes de muse littéraire, comme Luigi Fabbri, mais pouvaient montrer combien ils appréciaient les textes de ce genre, qui émanaient également de militants anonymes, souvent des autodidactes, qui trouvaient ainsi un terrain d’expression plus adapté à leur plume et à leur sensibilité. Les poésies et les textes dramatiques, notamment, servaient à enrichir le programme des « soirées de propagande », organisées pour faire rentrer des fonds ou à l’occasion de commémorations.

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L’histoire de l’anarchisme italien est liée, par bien des aspects, à l’histoire de l’émigration italienne. Malatesta lui-même a passé une bonne partie de son existence hors d’Italie, en Amérique du Sud et à Londres (mais aussi en Égypte et ailleurs), avant son retour rocambolesque en Italie en 1919, et il était en contact avec des militants répartis aux quatre coins du monde. Le fil conducteur choisi pour ce blog offre donc un vaste champ d’investigation. Ce sera la seule contrainte que nous nous imposerons : nos « conversations » auront toutes pour point de départ les vicissitudes des anarchistes italiens dans le monde et aborderont, au fil de l’actualité, de l’humeur, peut-être aussi des réactions et des demandes des lecteurs, des sujets variés, que nous illustrerons si possible de photographies, documents d’archives, correspondances, textes traduits de l’italien…

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